BALARD Antoine Jérôme


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Au début du XIXᵉ siècle, la chimie connaît une période d’effervescence scientifique. Après les travaux de Lavoisier et la découverte de nombreux éléments chimiques, les chercheurs explorent avec passion les composés naturels, notamment ceux issus de l’eau de mer. C’est dans ce contexte que le chimiste français Antoine Jérôme Balard (1802-1876) se distingue par une découverte majeure : le brome.

Né à Montpellier en 1802, Antoine Jérôme Balard est issu d’un milieu modeste de vignerons. Doué pour les sciences, il suit des études de pharmacie avant de se tourner vers la chimie. En 1826, alors qu’il travaille comme préparateur à l’École de pharmacie de Montpellier, il s’intéresse aux substances contenues dans l’eau de mer et notamment aux résidus laissés par l’évaporation de l’eau de la Méditerranée.

            1) Une expérience décisive :

Balard constate dans les eaux des salines, près de Montpellier, que les eaux mères (liquides restant après l’extraction du sel marin) contiennent des composés encore mal identifiés. En traitant ces résidus avec du chlore, il obtient un liquide rouge brun à l’odeur suffocante, qu’il n’arrive pas à attribuer à un élément connu.

Après diverses expériences — distillation, réactions chimiques, observations physiques — il comprend qu’il est en présence d’un nouvel élément, proche du chlore et de l’iode mais possédant des propriétés distinctes. Il le baptise “brome”, du grec brômos (mauvaise odeur), en référence à son émanation piquante et désagréable.

Sa découverte est rapidement confirmée par des chimistes de renom, notamment Gay-Lussac et Thénard. Balard publie ses résultats en 1826, ce qui lui vaut une reconnaissance immédiate et lui ouvre les portes de la communauté scientifique parisienne.

Il devient professeur au Collège de France et à la Faculté des sciences de Paris, formant plusieurs générations de chimistes, parmi lesquels Marcellin Berthelot. Balard incarne ainsi la réussite d’un chercheur parti de conditions modestes pour s’élever au premier plan de la science française.

Le brome s’est révélé par la suite essentiel dans de nombreux domaines :

La découverte de Balard illustre l’importance de l’observation minutieuse et de la curiosité scientifique, capables de transformer une simple analyse de l’eau de mer en une avancée majeure pour la chimie.

            2) Les étapes de la découverte :

                        - Balard manipule ce qu’on appelle les eaux mères :

Il s’aperçoit qu’elles contiennent du chlorure de sodium et divers autres sels (magnésium, potassium, calcium).

                        - Il traite ces eaux mères par le chlore

En faisant passer du chlore gazeux dans ces eaux mères, il remarque que :

Balard étudie les propriétés de ce liquide :

Pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une variété d’iode ou de chlore, Balard :

En raison de son odeur particulièrement pénétrante et désagréable, Balard le nomme brome, du grec brômos (puanteur).

Ainsi, Balard a découvert le brome en combinant :

C’est ainsi que, dans un simple laboratoire montpelliérain, il a révélé l’existence du troisième halogène connu (après le chlore et l’iode), ouvrant la voie à la compréhension de cette famille chimique.

            3) Liebig et Balard :

Au début de sa carrière universitaire le célèbre chercheur allemand Liebig (1803-1873) effectua des travaux analytiques sur les saumures et les eaux mères de Kreuznach (Land de Rhénanie-Palatinat). Par action du chlore, il obtint à côté de l’iode un liquide brun qu’il prit pour une combinaison de chlore et d’iode. Lorsque l’année suivante (1826) Balard fit connaître sa découverte, Liebig s’aperçut avec irritation de ce qui venait de lui échapper.