PYRETHRINES ET PYRETHROÏDES


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Plan de l’étude

            1) Introduction

            2) Structure chimique

                        2-1) Deux pyréthrines

                        2-2) Deux pyréthroïdes

            3) Les pyréthrines

                        3-1) Mode d’action

                        3-2) Avantages

                        3-3) Limites et inconvénients

            4) Les pyrèthroïdes

                               4-1) Structure chimique

                        4-2) Quelques pyréthroïdes de type I 

                        4-3) Quelques pyréthroïdes de type II 

                        4-4) Mode d’action

                        4-5) Résistance des insectes

                        4-6) Domaines d’utilisation

                        4-7) Environnement et toxicité


1) Introduction

Les pyréthrines et les pyréthroïdes que l’on désigne parfois par le terme générique « pyréthrinoïdes », constituent deux grandes familles d’insecticides largement utilisées en agriculture, en santé publique (lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme, de la dengue, du zika ou du chikungunya) et en protection domestique (bombes insecticides, diffuseurs électriques à base de pyréthrinoÏdes …). Bien que partageant une structure chimique et un mode d’action similaires, ces composés diffèrent par leur origine : les pyréthrines sont des substances naturelles extraites des fleurs de certaines espèces de chrysanthèmes (Chrysanthemum cinerariifolium), tandis que les pyréthroïdes sont des analogues de synthèse développés pour améliorer la stabilité et l’efficacité des pyréthrines. Cette parenté chimique leur confère une action neurotoxique rapide sur les insectes, tout en maintenant, pour beaucoup d’entre eux, une toxicité relativement faible chez les mammifères. 

2) Structure chimique

Pyréthrines et pyréthroïdes sont tous des esters ; prenons deux exemples de pyréthrines et deux exemples de pyréthroïdes et examinons leur structure :

            2-1) Deux pyréthrines

           

La pyréthrine I (ou version I)

 

La pyréthrine II (ou version II)

 

 

 

 

 

La partie entourée en rouge est la partie acide de l’ester. Il s’agit ici de l’acide chrysantémique.

La partie entourée en bleu-vert est la partie alcool de l’ester.Il s’agit ici de

L’alcool pyréthrolone.

La partie entourée en rouge est la partie acide de l’ester. Il s’agit ici de l’acide pyréthrique

La partie entourée en bleu-vert est la partie alcool de l’ester.Il s’agit ici de

L’alcool pyréthrolone.

           

            2-2) Deux pyréthroïdes

 

La perméthrine                                                                                                            La cyperméthrine

 

 

 

C’est un pyréthroïde de type I

La partie entourée en rouge est la partie acide de l’ester. Il s’agit ici d’un dérivé halogéné de l’acide chrysantémique : l’acide 3-(2,2-dichlorovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane-1-carboxylique.

La partie entourée en bleu-vert est la partie alcool de l’ester.Il s’agit ici de l’alcool 3- phénoxybenzylique

 

C’est un pyréthroïde de type II

La partie entourée en rouge est la partie acide de l’ester. Il s’agit ici de l’acide 3-(2,2-dichlorovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane-1-carboxylique.

La partie entourée en bleu-vert est la partie alcool de l’ester.Il s’agit ici de l’alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

 

3) Les pyréthrines

Ainsi qu’il a été dit dans l’introduction, les pyréthrines sont des substances naturelles.

Elles sont utilisées depuis des siècles comme insecticides en raison de leur efficacité et de leur relative innocuité pour l’homme.

Les pyréthrines sont présentes dans les fleurs séchées de certaines espèces de chrysanthèmes.

Elles sont extraites mécaniquement ou chimiquement, puis purifiées pour être intégrées à des produits insecticides.

Les principaux pays producteurs sont : le Kenya, la Tanzanie, la Chine, et l’Australie.

Il existe six pyréthrines naturelles : pyréthrine I et II, cinérine I et II, jasmoline I et II.

 

 

On remarque que pyréthrine, cinérine, et jasmoline de version I sont des esters issus du même acide, l’acide chrysantémique.

 

On remarque que pyréthrine, cinérine, et jasmoline de version II sont des esters issus du même acide, l’acide pyréthrique.

 

On remarque aussi que les deux versions d’une même pyréthrine (par exemple cinérine I et cinérine II) sont des esters issus d’un même alcool.

Ainsi :

            -  pyréthrine I et II sont issus de l’alcool pyréthrolone

 

            -  cinérine I et II sont issus de l’alcool cinérolone

 

            - Jasmoline I et II sont issus de l’alcool jasmolone

 

                        3-1) Mode d’action

Leur structure chimique complexe est à la base de leur activité neurotoxique sur les insectes.

 

                        3-2) Avantages

 

                        3-3) Limites et inconvénients

·         Sensibles à la lumière (UV) et à l’air, les pyréthrines se dégradent vite (d’où l’ajout parfois de synergistes comme le butoxyde de pipéronyle PBO).

Remarque :

L’action du butoxyde de pipéronyle

est de bloquer chez les insectes certaines enzymes (cytochromes P 450 monooxygénases) qui peuvent décomposer rapidement les pyréthrines, les rendant inefficaces. Il n’a par contre aucune activité insecticide.

 

·         Ils se montrent peu efficaces sur certains insectes résistants (Moustique commun et moustique tigre, punaise de lit.)

 

·         Etant peu persistants, ils nécessitent des applications fréquentes.

 

 

4) Les pyrèthroïdes

On a créé des versions synthétiques, pour améliorer l’efficacité des pyréthrines ; ce sont les pyrèthroïdes. Deux exemples ont été donnés en introduction, ce sont la perméthrine et la cyperméthrine.

Ce sont des insecticides plus stables, plus puissants, mais parfois plus toxiques pour l’environnement aquatique que les pyréthrines.

Ils sont largement utilisés dans l’agriculture, la santé publique et la protection des habitations.

            4-1) Structure chimique

Tout comme les pyréthrines, les pyrèthroïdes contiennent un noyau cyclopropane et un groupe ester.

                        - Il existe des pyrèthroïdes de type I, sans groupe cyano : c’est le cas de la perméthrine

 

                        - Il existe des pyrèthroïdes de type II, avec un groupe cyano : c’est le cas de la cyperméthrine

 

            4-2) Quelques pyréthroïdes de type I 

 

Alléthrine

 

 

Acide : Acide chrysantémique

Alcool : Alléthrolone

 

Bifenthrine

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique 

Alcool : 3-(2-méthylphényl)phénylméthanol

 

Esdépalléthrine

Stéréo-isomère de l’alléthrine.

Perméthrine

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

Alcool : 3- phénoxybenzylique

Phénothrine

ou

Sumithrine

Acide : Acide chrysantémique

Alcool : 3- phénoxybenzylique

Resméthrine

 Acide : Acide chrysantémique

Alcool : (5-benzyl-3-furyl)méthanol

Téfluthrine

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

Alcool : (2,3,5,6-tétrafluorophényl) méthanol

Tétraméthrine

 

Acide : Acide chrysantémique

Alcool :

 

4-3) Quelques pyréthroïdes de type II

Ils possèdent tous un groupe α-cyané

                                                                                             

Cyfluthrine

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

Alcool : α-cyano-4-fluoro-3-phénoxybenzylique

 Cyhalothrine

  

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

Alcool :  α—cyano-3- phénoxybenzylique

Cyperméthrine

 

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

 Alcool : Alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

 Deltaméthrine

Acide : dérivé halogéné de l’acide chrysantémique.

 Alcool : Alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

Fenvalérate

Acide : Acide 2-(4-chlorophényl)-3-méthylbutanoïque

Alcool : Alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

Fluméthrine

Acide : 3-[-2-chloro-2-(4-chlorophényl)éthényl]-2,2-diméthylcyclopropane-1-carboxylique

Alcool : α-cyano-4-fluoro-3-phénoxybenzylique

Fluvalinate

Acide : 2-(2-chloro-4-trifluorométhylphényl)amino-3-méthylbutanoïque.

Alcool : Alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

Tralométhrine

 

Acide :2,2-diméthyl-3-(1,2,2,2-tétrabromoéthyl)cyclopropane-1-carboxylique.

Alcool : Alcool α-cyano-3-phénoxybenzylique

 

            4-4) Mode d’action

Les pyrèthroïdes ciblent le système nerveux des insectes.

Ils perturbent les canaux sodiques (Na) des cellules nerveuses → cela provoque des décharges électriques incontrôlées → paralysie → mort de l’insecte.

Les pyrèthroïdes de type I ont un effet "knockdown" rapide (chute immédiate de l’insecte).

Les pyrèthroïdes de type II ont un effet plus prolongé, paralysant.

 

4-5) Résistance des insectes

De nombreux insectes développent une résistance :

 - Mutation des canaux sodiques (kdr (knockdown resistance)),

 - Enzymes détoxifiantes ; Les enzymes détoxifiantes sont produites par certains insectes pour neutraliser ou éliminer les insecticides avant qu’ils n’atteignent leur cible. Elles jouent un rôle clé dans la résistance métabolique.

 - Modification comportementale.

Certaines espèces deviennent très résistantes : moustiques (CulexAnopheles), blattes, punaises de lit.

 

            4-6) Domaines d’utilisation

-       Agriculture : lutte contre les pucerons, chenilles, coléoptères…

-       Hygiène publique : traitement des moustiques, punaises de lit.

-       Animaux domestiques : anti-puces pour chiens (mais toxiques pour les chats !).

-       Usage domestique : bombes aérosols, diffuseurs, moustiquaires imprégnées.

 

           4-7) Environnement et toxicité

-           Faible toxicité pour l’homme à faibles doses, mais :

-           Très toxiques pour les poissons, invertébrés aquatiques, et abeilles.

-           Résidus possibles dans les sols ou sur les aliments.

-           Non autorisés en agriculture biologique.