LES REPULSIFS ANTI-MOUSTIQUES

Gérard Gomez


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Les moustiques sont vecteurs de maladies graves telles que le paludisme, la dengue, le chikungunya ou encore le virus Zika.

Pour s’en protéger, l’utilisation de répulsifs anti-moustiques est une solution souvent efficace.

1) Définition :

Un répulsif anti-moustique est une substance chimique ou un mélange qui empêche les moustiques de s’approcher d’un hôte potentiel (généralement l'humain) en perturbant leur système olfactif. Contrairement aux insecticides, ils ne tuent pas les moustiques, mais les dissuadent de piquer.

 

2) Action chimique

Les moustiques repèrent leur proie en détectant des signaux chimiques comme :

Un répulsif chimique agit principalement en masquant ou en interférant avec ces signaux. Il modifie la perception olfactive du moustique, le rendant incapable de localiser sa cible.

Certains répulsifs agissent aussi directement sur les récepteurs neuronaux de l’insecte, bloquant les signaux liés à l’odeur humaine.

 

3) Les principaux agents chimiques utilisés comme répulsifs :

 

Molécules

Mode d’action

Effets

DEET

N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide

Formule chimique : C₁₂H₁23₇NO

 

Découvert en 1946 par l’armée américaine.

C’est le répulsif le plus étudié et le plus utilisé dans le monde.

 

Cette molécule, synthétique, agit sur les récepteurs olfactifs des moustiques.

Il bloque les récepteurs OR83b, impliqués dans la détection de certaines odeurs humaines.

Efficace contre plusieurs espèces de moustiques

Protection de 4 à 12 heures selon la concentration (5–50%)

Une solution de 20% de DEET permet une protection de 8h contre le moustique tigre (Aedes albopictus).

Icaridine

ou

Picaridine

ou

2-(2-hydroxyéthyl)-1-pipéridinecarboxylate d'isopropyle

Formule chimique : C12H23NO3

 

L'Icaridine, aussi connue sous le nom de Picaridine en anglais, est un répulsif synthétique développé dans les années 1980 par la société allemande Bayer AG. Elle a été mise sur le marché en 1998 et est rapidement devenue une alternative populaire au DEET, l'autre répulsif bien connu.

 

L’Icaridine ne tue pas les insectes, mais les empêche de s’approcher.

Elle agit en masquant les signaux chimiques que les insectes utilisent pour détecter l’homme (comme l’acide lactique ou le dioxyde de carbone émis par la peau).

Elle perturbe les récepteurs olfactifs des moustiques, tiques et autres arthropodes, les empêchant de localiser leur hôte.

L'Icaridine est efficace contre de nombreuses espèces, notamment les moustiques (Aedes, Anopheles, Culex), les tiques, et même certaines mouches.

Sa durée de protection varie entre 4 et 12 heures selon la concentration (souvent entre 10 % et 20 % dans les produits commerciaux).

 

Remarque :

Contrairement au DEET, elle

n’endommage pas les plastiques ou tissus synthétiques.

Est moins toxique pour l’environnement aquatique.

A une odeur plus agréable et une texture moins grasse.

 

IR3535

(Butylacétylaminopropanoate d’éthyle)

 

Formule chimique : C₁₁H₂₁NO

C’est un répulsif développé par la société MERCK dans les années 1970.

Il est dérivé d’un acide aminé naturel la β-alanine :

 

Cette origine bio-inspirée explique en partie pourquoi l’IR3535 est bien toléré par la peau et peu toxique, même chez les jeunes enfants.

Il est biodégradable.

Haut du formulaire

 

Bas du formulaire

 

 

Comme d’autres répulsifs, l’IR3535 n’élimine pas les insectes mais les tient à distance :

Il perturbe les récepteurs olfactifs des insectes, les empêchant de détecter l’odeur corporelle humaine.

 

 

Il est efficace contre plusieurs vecteurs de maladies : moustiques (notamment Aedes, Anopheles, Culex), tiques, poux.

Il offre une protection de 4 à 8 heures, selon la concentration (souvent 10 à 20 % dans les produits).

Moins puissant que le DEET ou l'Icaridine dans certaines conditions, mais très bien toléré.

Contrairement au DEET, il n'endommage pas les plastiques, lunettes ou vêtements techniques.

Présent dans de nombreux produits répulsifs, souvent sous forme de lotions ou sprays.

Recommandé dans les zones modérément infestées ou pour les usages quotidiens.

Huile d’eucalyptus citronné

(PMD : para-menthane-3,8-diol)

Formule chimique : C10H20O2

C’est un produit naturel mais c’est souvent un composé synthétisé qui est utilisé pour les produits commerciaux classiques.

Mais on peut en utilisant un produit naturel annoncer qu’il s’agit d’un produit naturel.

Le PMD est principalement extrait de l’huile essentielle d’Eucalyptus citronné (Corymbia citriodora), un arbre originaire d’Australie.
Cependant, le PMD n’est pas présent en grande quantité dans l’huile brute. Il est généralement obtenu par modification chimique de cette huile (processus d’hydratation du citronellal contenu dans l’huile).

La réaction a lieu en plusieurs étapes dont le bilan est :

On obtient un mélange de différents isomères.

Le PMD agit en bloquant les récepteurs olfactifs des insectes, les empêchant ainsi de détecter l’odeur humaine. Cela perturbe leur capacité à nous localiser et réduit les risques de piqûres.

 

Effets comparables au DEET à des concentrations de 20 à 30 %, mais mieux toléré que celui-ci.

Offre une protection de plusieurs heures (jusqu’à 6 heures dans certaines études).

Efficace contre plusieurs types de moustiques, y compris ceux porteurs du paludisme, de la dengue ou du virus Zika.

Il n’est pas toxique pour l’environnement.

Recommandé par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) comme alternative au DEET.

 

 

4) La chimie de formulation

Un répulsif n’est jamais une simple molécule active.

Il faut également :

            - Un solvant : souvent de l’éthanol ou un glycérol

            - Des agents de libération lente : pour prolonger l’action d’un répulsif à moustiques, on utilise souvent des agents de libération lente qui permettent au principe actif (comme le PMD ou le DEET) de se diffuser progressivement sur la peau ou dans l’air.

            - Des stabilisants : pour éviter la dégradation chimique des actifs.

            - Un parfum ou un neutralisant d’odeur, pour masquer les composés trop puissants (ex. DEET).

Certaines formules utilisent des nano-encapsulations ou des polymères porteurs pour une diffusion prolongée du répulsif sur la peau.

 

Annexe 1

Des composés volatils émis par la peau

 

Famille chimique

Exemples

Rôle

 

 

Acides gras libres

Hexanoïque

Hexadécanoïque

Propanoïque

 

Attirance forte (Aedes, Anopheles, Culex)

 

Cétone/aldéhydes

Acétone

Butanone

Nonanal

Decanal

Synergie ou attraction directe

 

Alcools

Oct-1-èn-3-ol (R)

Attirant bien connu

Composés soufrés

Diméthyl disulfure (DMDS)

 

Attire certains moustiques