BREDIG Georg
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Vie
·
Georg Bredig est né
le 1er octobre 1868 à Glogau (province de Silésie,
alors Royaume de Prusse).
- Il
est issu d’une famille juive germanophone.
- Études
: après un premier passage à l’Université de Fribourg, il étudie à Berlin
puis rejoint l’Université de Leipzig pour suivre les travaux de Wilhelm
Ostwald.
- Il
obtient son doctorat en 1894 (« summa cum laude », c’est la mention la plus haute qui peut être
attribuée à une thèse) à Leipzig.
- Il
effectue ensuite des séjours de recherche à Amsterdam (chez Jacobus Henricus van’t Hoff), à
Paris (chez Marcellin Berthelot) et à Stockholm (avec Svante
Arrhenius).
- Il
épouse en 1901 Rosa Fraenkel. Ils ont deux
enfants : un fils, Max Albert (né 1902) et une fille, Marianne (née 1903).
- Carrière
:
- 1895-1901
: assistant à Leipzig.
- 1901-1910
: professeur à l’Université de Heidelberg, premier titulaire de la chaire
de chimie physique.
- 1910-1911
: professeur à l’ETH Zürich (Swiss Federal Institute of Technology)
en chimie physique.
- 1911-1933
: professeur à la Technische Hochschule Karlsruhe (chaire de chimie physique).
- Ses
positions sont mises en danger après l’arrivée des nazis : en tant que
juif, il est contraint à la retraite en 1933.
- Finalement,
il quitte l’Allemagne en 1940 et s’installe aux États-Unis où il meurt à
New York le 24 avril 1944.
Travaux scientifiques
principaux
1) Domaine général
·
Bredig est
un chimiste physico-chimiste (chimie physique) qui a notamment contribué à la
catalyse, aux colloïdes métalliques et à la cinétique chimique.
2) Méthode de l’« arc de Bredig » et colloïdes métalliques
- En
1898, il met au point une méthode dite « arc de Bredig
» (~ electric arc method)
pour préparer des solutions colloïdales de métaux.
- Il
montre que ces sols métalliques (colloïdes de métaux) possèdent une
activité catalytique, et il les compare aux « ferments inorganiques » (inorganic ferments) :
l’idée étant que des particules métalliques colloïdales peuvent agir comme
catalyseurs (de la même manière que des enzymes).
- Exemple
de publication : « Darstellung colloidaler Metallösung durch elektrische Zerstäubung ».
3) Catalyse, cinétique chimique et chimie
électrochimique
- Il
développe la notion de catalyse dans le contexte de la chimie physique, et
publie sur la décomposition catalytique, la cinétique des réactions, les
électrolytes et ions.
- Il
publie un traité majeur « Handbuch der Angewandten Physikalischen Chemie in Einzeldarstellungen
» (14 volumes entre 1905 et 1927) selon la version allemande.
4) Impact & héritage
- On
le considère comme un des fondateurs du domaine de la catalyse en chimie
physique.
- Son
travail sur les colloïdes métalliques a fortement contribué à la science
des colloïdes.
- Il
a formé ou dirigé de nombreux étudiants qui deviendront eux-mêmes
importants dans la chimie.
5) Contexte historique, difficultés et fin de vie
- Bredig, en tant que juif,
souffre de la montée de l’antisémitisme et du régime nazi. Il est
contraint à abandonner son poste en 1933.
- Il
prend conscience de la menace pour ses archives scientifiques : il
écrit en 1937 qu’elles ne doivent pas être « jetées, perdues ou données »,
mais doivent témoigner de son œuvre.
- Sa
collection d’archives (correspondances, photographies, notes
scientifiques) a été sauvée et aujourd’hui conservée au Science History Institute à Philadelphie.
6) Quelques publications / œuvres importantes
- Anorganische Fermente: Darstellung kolloidaler Metalle auf elektrischem Wege und Untersuchung
ihrer katalytischen Eigenschaften (1901) – habilitation.
- Die
Elemente der Chemischen
Kinetik: Mit Besonderer Berücksichtigung der Katalyse
und der Fermentwirkung
(1902) – sur cinétique & catalyse.
- Katalyse (1919) – un traité sur
la catalyse.
- Autobiographie
: Seinen Freunden
zur Erinnerung
(1938).
Pourquoi son travail est
encore pertinent aujourd’hui ?
- Le
concept de colloïdes métalliques comme catalyseurs ouvre un lien entre
chimie physique, matériaux et catalyse moderne (ex : nano-métaux).
- Sa
méthode de préparation des colloïdes par arc reste un jalon historique
dans la chimie des particules colloïdales.
- Sa
vision de la catalyse, du rôle des surfaces métalliques et de leur
activité demeure dans l’enseignement et la recherche actuelle.
- De
plus, son parcours personnel illustre les conséquences du contexte
politique sur la science, ce qui ajoute une dimension d’histoire et
d’éthique à ses travaux.