CAILLETET Louis Paul


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Fils d’un industriel métallurgiste, Cailletet s’intéresse très jeune à la chimie et à la physique appliquées à la métallurgie. Après des études au lycée Henri-IV à Paris, il revient dans l’entreprise familiale où il perfectionne ses connaissances en gaz, pression et température.


Débuts scientifiques

Dans l’usine de son père, Cailletet observe des phénomènes de condensation et de refroidissement des gaz produits lors des réactions métallurgiques.
Ces observations le conduisent à étudier la compression et la détente des gaz, domaine encore peu exploré à son époque.

Il s’intéresse particulièrement au comportement des gaz soumis à de très hautes pressions et très basses températures — une voie essentielle vers la liquéfaction des gaz dits "permanents".


Les grands travaux : la liquéfaction des gaz

Contexte scientifique

Au XIXᵉ siècle, on savait déjà liquéfier certains gaz (comme le dioxyde de soufre ou le dioxyde de carbone), mais l’oxygène, l’azote, l’hydrogène et le monoxyde de carbone résistaient.
On les appelait alors les gaz permanents car on croyait impossible de les transformer en liquide.


L’invention de Cailletet (1877)

En 1877, Cailletet met au point un dispositif capable de liquéfier ces gaz.
Sa méthode repose sur :

1) La compression d’un gaz à très haute pression.

2) Le refroidissement rapide par détente brutale (effet Joule-Thomson).

Ce procédé provoque un refroidissement intense et la condensation du gaz en fines gouttelettes liquides visibles dans un tube de verre.

Les résultats

Le 30 décembre 1877, Cailletet réussit à liquéfier pour la première fois de l’oxygène, puis de l’azote et du monoxyde de carbone.
Presque simultanément, le physicien suisse Raoul Pictet obtient le même résultat par une autre méthode — une coïncidence célèbre dans l’histoire des sciences.


 Autres contributions scientifiques

            1) Étude des gaz et de la pression

Cailletet a perfectionné les manomètres et les appareils de compression.
Il a étudié les relations entre température, pression et volume dans les gaz liquéfiés.

            2) Recherches sur l’aéronautique

Il s’intéressa aussi aux phénomènes de raréfaction de l’air en altitude.
Il conçut des instruments pour mesurer la teneur en oxygène et les variations de température dans les ballons d’observation.

            3) Spectroscopie et optique

Cailletet utilisa la spectroscopie pour étudier les émissions lumineuses des gaz sous haute pression, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des spectres.


Reconnaissance et distinctions

·         Membre de l’Académie des sciences (élu en 1884)

·         Médaille Davy de la Royal Society de Londres

·         Chevalier de la Légion d’honneur

·         Son nom figure sur la Tour Eiffel parmi les 72 savants français honorés par Gustave Eiffel.


Héritage scientifique

Les travaux de Cailletet ont ouvert la voie :

·         À la production industrielle de gaz liquéfiés (oxygène, azote, argon, etc.)

·         À la cryogénie moderne, utilisée aujourd’hui dans :

      La médecine (conservation biologique, IRM)

      L’aérospatial

      La recherche sur la supraconductivité

·         Son procédé de détente par refroidissement reste un principe fondamental dans la physique des basses températures.