CHARDENON Jean-Pierre
Vie
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Chimiste,
médecin et physicien du XVIIIᵉ siècle.
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Naissance / Décès : Il est né le 21 juillet
1714 à Dijon et est décédé le 16 mars 1769, toujours à Dijon.
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Formation / Carrière : Il fut chirurgien à
Paris, puis revint à Dijon pour exercer comme médecin.
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Académie de Dijon : Il rejoint l’Académie des
sciences, arts et belles-lettres de Dijon (fondée en 1725) : membre associé en
1744, pensionnaire en 1747.
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Il exerce aussi la fonction de secrétaire de
cette Académie de 1752 à 1762.
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Collaboration avec d'autres savants :
L’académicien Guyton de Morveau,
qui deviendra un des grands chimistes français, a travaillé dans le laboratoire
de Chardenon.
Principaux travaux
scientifiques
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Chardenon a
contribué à plusieurs domaines : médecine, chimie, physique. Voici les points
marquants :
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Théories sur la calcination et le phlogistique
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Il s’intéresse particulièrement à la calcination
des métaux : lors de la calcination (chauffage / oxydation), certains métaux
prennent du poids. Chardenon cherche à expliquer ce
phénomène.
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Contrairement à d’autres théories de l’époque :
§ Boyle
pensait que le gain de poids venait d’un « feu » (particules de feu) qui se
fixait sur le métal.
§ Laurent
Béraud (jésuite) proposait que des « sels » de l’air se déposaient sur le
métal.
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Chardenon, lui,
défend une version de la théorie du phlogistique : selon lui, la seule
transformation lors de la calcination est la perte de phlogiston.
Il imagine que ce phlogiston est plus léger que l’air,
d’où une analogie : il le compare à des flottaisons comme des bouts de liège
sous un filet de pêche : si le liège (léger) disparait, le filet coule (devient
plus lourd).
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Il avance que le gain de masse d’un métal
calciné est proportionnel à la « teneur en phlogiston
» qu’il avait ; il avait prévu de faire des mesures expérimentales (par exemple
en utilisant du charbon comme source de phlogiston)
pour quantifier cette hypothèse, mais il est mort avant d’y parvenir.
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Il dépose ses conclusions devant l’Académie de
Dijon dans des notes scellées dès le 6 août 1762, et présente un mémoire les 15
juillet 1763 puis 9 décembre 1764.
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Une partie de ses idées a été publiée dans le Mercure
de France en juillet 1765.
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Sa théorie a suscité des critiques, notamment
de la part d’un correspondant sous le nom de « Ribapotme
prêtre », probablement Béraud lui-même, et Chardenon
y répond.
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Bien que ses idées aient été peu reconnues à
son époque, son collègue Guyton de Morveau a repris, modifié et prolongé ses recherches après
sa mort.
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Les historiens des sciences soulignent que la
théorie de Chardenon représente une version « naïve »
du phlogiston : elle ne prenait pas bien en compte le
volume ou la densité relative des corps (phlogiston
vs métal vs calx) et supposait des effets de gravité
non uniformes selon la matière.
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Étude de la nature des huiles
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Chardenon
s’intéresse aux huiles organiques (animales, végétales, minérales). Il propose
que les huiles sont constituées de quatre “principes”
: acide, eau, phlogiston et terre.
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Il remet en question l’idée, répandue à son
époque, que l’huile est un des « éléments » fondamentaux : il remarque qu’on
peut la décomposer (par chauffage), ce qui montre qu’elle n’est pas un simple
élément immuable.
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Il émet aussi l’idée que certaines huiles «
minérales » pourraient provenir de la décomposition de matière organique
profonde (plantes, animaux) dans la Terre.
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Travaux médicaux
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Il publie (ou lit devant l’Académie de Dijon)
des communications médicales : par exemple, en 1746, sur l’usage de
l’énervation (privant de sensation) des muscles abdominaux.
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En 1761, il donne un exposé sur les causes de
la mort des noyés et discute des moyens de les ranimer.
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Il réfléchit aussi sur la toxicité du mercure :
il pense que la densité du mercure joue un rôle dans son action toxique, et que
cela interagit avec les « humeurs » corporelles.
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Philosophie de la matière / conservation de la
masse
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Dans sa théorie, Chardenon
accepte une forme de conservation de la matière : même s’il croit au phlogiston, il pense que la matière ne disparaît pas
complètement mais change de forme ou de constitution.
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Il adopte aussi une perspective inspirée par la
physique newtonienne : il tente d’articuler la gravité, le « poids » des corps,
et le phlogiston dans une explication cohérente.