CHRISTIANSEN Jens Anton
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Vie
- Né
le 6 septembre 1888 à Vejle (Danemark), décédé le 28 juillet 1969 à Charlottenlund.
- Il
a été professeur de chimie à l’Université de Copenhague (Københavns Universitet) de
1931 à 1959.
Il a reçu la médaille H.C. Ørsted
(Ørsted-medaljen) en 1959.
Principaux travaux
scientifiques et contributions
- Cinétique
chimique
- Christiansen
est surtout connu pour ses travaux en cinétique chimique,
particulièrement pour l’élaboration d’une hypothèse sur les réactions
unimoléculaires.
- En
1921, il propose dans sa thèse (à l’université de Copenhague) une idée
semblable à celle de F. A. Lindemann (qui publiera en 1922) : l’hypothèse
dite de Lindemann–Christiansen.
- Cette
hypothèse suppose un délai entre l’activation d’une molécule et sa
réaction effective : pendant ce délai (de l’ordre de 10⁻⁷
seconde dans son modèle), une molécule activée peut perdre son énergie
(désactivation) avant de réagir.
- Selon
cette vision, la réaction chimique se déroule en trois étapes :
activation → désactivation → réaction.
- L’idée
a été importante pour le développement de la théorie de l’état de
transition (transition-state theory)
ultérieure, notamment reprise et formalisée par des chimistes comme Hinshelwood.
- Théorie
stochastique / processus de diffusion
- Christiansen
a également travaillé sur des aspects plus avancés des processus
chimiques, en introduisant des approches stochastiques (aléatoires) dans
la description cinétique des réactions.
- Plus
précisément, son travail a été repris dans l’étude de l’équation de
Klein–Kramers (lié à la diffusion) dans le
contexte des réactions chimiques.
- Ces
contributions sont moins connues que ses hypothèses unimoléculaires, mais
elles ont joué un rôle dans l’évolution de la compréhension théorique des
réactions chimiques comme des phénomènes non seulement statiques, mais
aussi dynamiques et probabilistes.
- Catalyse
hétérogène
- Bien
que sa carrière repose beaucoup sur la chimie physique, Christiansen
s’intéresse fortement à la catalyse hétérogène (catalyse sur surfaces
solides).
- Il
considère des intermédiaires « quasi-stationnaires » — des états
transitoires — ce qui amène à interpréter certaines réactions
catalytiques via des combinaisons temporaires instables, une idée qui
rapproche sa pensée de celle d’autres théoriciens de la catalyse.
- Cette
vision théorique de la catalyse rejoint celle avancée par Sabatier,
Ostwald, et d’autres à l’époque, selon laquelle le catalyseur forme des
complexes instables avec les réactants avant leur transformation.
- Collaboration
avec la physique théorique
- Christiansen
a collaboré ou a inspiré des physiciens-théoriciens, comme Hendrik A. Kramers, ce qui montre que sa vision de la chimie
était fortement influencée par les méthodes mathématiques et physiques.
- Il
a séjourné à l’Institut de Bohr (Copenhague) après son doctorat, ce qui
lui a permis d’entrer en contact avec des physiciens théoriciens et
d’enrichir son approche cinétique.