KITAGAWA Susumu


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Vie

·         Naissance : 4 juillet 1951, à Kyoto (Japon).

·         Formation : Il fait toutes ses études supérieures à l’Université de Kyoto — licence en 1974 puis doctorat (PhD) en 1979, dans le domaine de la chimie des hydrocarbures.

·         Début de carrière : Dès 1979, il est assistant à l’université — puis il devient maître‑assistant, puis professeur. Il passe par plusieurs établissements, notamment la Kindai University et la Tokyo Metropolitan University.

·         Retour à Kyoto : En 1998, il retourne à Kyoto University comme professeur de chimie fonctionnelle.

·         Responsabilités institutionnelles : Il co‑fonde en 2007 l’Institute for Integrated Cell‑Material Sciences (iCeMS) à Kyoto, et en devient un des dirigeants. En 2025, il est « Executive Vice‑President for Research Promotion » à Kyoto University.

 

Domaines de recherche : la chimie des « espaces de coordination »

·         Kitagawa travaille dans le domaine de la chimie inorganique et des matériaux, plus particulièrement la chimie de l’« espace de coordination » (coordination space chemistry).

·         Son principal sujet de recherche sont les polymères de coordination poreux — connus sous le nom de Metal‑Organic Frameworks (MOFs) ou PCPs (Porous Coordination Polymers) — des matériaux hybrides métal‑organique possédant une structure cristalline avec des cavités nanoscopiques.

·         Grâce à ces cavités, ces matériaux peuvent adsorber (et libérer) des gaz ou des molécules — ce qui ouvre des perspectives très larges en stockage de gaz, catalyse, séparation, filtration, environnement, etc.

 

Contributions majeures

·         Première démonstration de porosité dans des complexes métalliques : en 1997, Kitagawa publie un article montrant qu’un polymère de coordination (PCP) peut adsorber et relâcher des gaz — preuve claire qu’une structure métallique + organique peut avoir des pores stables et utilisables.

·         Fondation et développement du concept de MOFs comme une nouvelle catégorie de matériaux : grâce à ses résultats, les MOFs sont reconnus comme une famille à part entière, distincte des matériaux traditionnels inorganiques ou carbonés.

·         Découverte des MOFs flexibles (« soft porous crystals ») — des matériaux dont la structure peut changer (se contracter, se dilater, s’adapter) sous l’effet de stimuli (chimiques ou physiques). Cette flexibilité ouvre la voie à des usages plus variés et dynamiques que les matériaux poreux classiques.

·         Large impact et influence mondiale : les MOFs sont devenus un domaine de recherche majeur — des centaines de structures différentes, des milliers de publications chaque année, et des applications potentielles en gaz, stockage, catalyse, environnement, filtration, etc.

 

Distinctions et reconnaissance

·         En 2017, il reçoit le prix Solvay pour ses travaux pionniers en MOFs.

·         Il est lauréat en 2025 du Nobel de chimie, avec ses collègues, pour le « développement des metal‑organic frameworks ».

·         De nombreux prix nationaux et internationaux, reconnaissant sa contribution majeure à la chimie des matériaux.

 

Pourquoi ses travaux sont importants — applications et enjeux

Les matériaux qu’il a contribué à développer (MOFs / PCPs) sont extrêmement prometteurs, car :

o    Ils permettent de capturer, stocker ou filtrer des gaz (CO, hydrogène, gaz toxiques…) — potentiellement utiles contre le changement climatique, pour l’énergie, la purification de l’air ou de l’eau.

o    Leur modularité (on peut choisir les métaux, les molécules organiques, la structure) permet de concevoir des matériaux adaptés à des usages très variés : catalyse, séparation, stockage de gaz, filtration, …

o    Potentiel technologique pour des défis majeurs : énergie, climat, environnement, stockage écologique, purification, chimie verte…

o    C’est pourquoi la reconnaissance par le Nobel 2025 est souvent décrite comme l’honneur d’une « nouvelle architecture moléculaire » — un tournant en chimie des matériaux.