Filtrations
ET Membranes DE FILTRATION
Gérard Gomez
avec la collaboration de
Jacques Baron
Plan de
l'étude
1) Définitions
2) Les
différents types de filtrations
2-3) Filtration
sous vide
3) Incidence
de la taille des pores de la membrane sur la filtration
3-1) La microfiltration
3-2) L'ultrafiltration
3-3) La nanofiltration
3-4) L'osmose inverse
4) Elimination
par osmose inverse
5-2) Les matières des membranes organiques
5-3) Les
matières des membranes inorganiques
5-4) Les membranes en mélanges polymères/minéraux
5-5) Les membranes plasmiques, un
cas particulier
Annexe 1 La cellulose régénérée
Annexe 2 Le frittage
La filtration est un
processus utilisé pour séparer les particules solides en suspension dans un
liquide ou un gaz, en les faisant passer à travers un milieu poreux appelé
filtre. Il existe plusieurs types de filtrations et de filtres, chacun adapté à
des applications particulières en fonction de la taille des particules à
filtrer et des propriétés du liquide ou du gaz.
On peut citer par
exemple :
v la filtration sur lit de
sable
Le liquide à purifier
traverse une couche de sable et se fraye un chemin en utilisant les espaces
entre les grains. Les impuretés de taille supérieure aux interstices sont
retenues par ce filtre.
v la filtration sur
charbon actif
(le charbon
actif est un matériau à base de carbone obtenu par chauffage d'une matière végétale,
par exemple de l'écorce de noix de coco, qui a été activé (chauffé en présence
de vapeur d’eau (800 – 1000 °C afin d’ouvrir les pores, d'accroître sa porosité
et donc son pouvoir adsorbant)).
Les impuretés sont
essentiellement retenues par adsorption (c'est-à-dire qu'elles "s'accrochent"
à la surface du charbon actif : forces de Van der Waals, interactions
hydrophobes, interactions p-p, interactions
dipôle-dipôle).
Les performances des
filtres à charbon actif sont fonction de la température et du polluant traité ;
ils doivent être changés périodiquement.
v la filtration membranaire
Elle est basée sur la
mise en œuvre d’une interface (barrière physique), appelée membrane. Sa
porosité qui correspond à la taille des canaux (pores) qu'elle possède est
calibrée de façon très précise et permet le passage de certaines particules
dont la taille est inférieure à un seuil donné.
Remarque :
- La taille des particules n'est pas le seul paramètre
dont dépend leur rétention par une membrane.
- Leur charge électrique peut intervenir aussi ; une
membrane peut être chargée et interagir électrostatiquement
avec des composés chargés.
- Leur hydratation peut aussi participer à leur
rétention.
2) Les différents
types de filtrations :
2-1) Filtration
par gravité :
C'est le type de
filtration le plus simple où la force de gravité est utilisée pour faire passer
le liquide à travers un filtre. Il est souvent utilisé pour éliminer les
particules grossières et les sédiments.
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Principe d'une
filtration simple en laboratoire |
2-2) Filtration
sous pression :
Dans ce type de
filtration, une pression externe est appliquée pour forcer le liquide à travers
une membrane filtrante. Cela permet une séparation plus rapide et efficace.
Deux types de
filtration sous pression :
Elle consiste à faire
passer le fluide à purifier perpendiculairement à la surface du filtre :

Les particules à
éliminer sont retenues par le filtre.
Un inconvénient de
cette méthode est que l'accumulation progressive des particules à la surface du
filtre finit par colmater les pores de celui-ci.
Le maintien d’une
circulation parallèle à la surface de filtration permet de contrôler
l’accumulation de matières, limiter le colmatage de la membrane et optimiser le
débit de filtration.

En sortie, on récupère
deux flux : une fraction concentrée, le rétentat, enrichie en éléments retenus
par la membrane, et une fraction plus diluée, le perméat (ou filtrat) ne
contenant que les composés pouvant traverser la membrane. Le débit de filtration
est le résultat de l’équilibre entre la pression transmembranaire et la vitesse
tangentielle.
Contrairement à la
filtration sous pression, la filtration sous vide utilise une dépression pour
aspirer le liquide à travers la membrane filtrante. Le résultat est le même que
précédemment.
Elle est souvent
utilisée pour des applications où on filtre des échantillons fragiles qui ne
supportent pas les fortes pressions.

3) Incidence de la
taille des pores de la membrane sur la filtration
La taille des pores est
un paramètre crucial à considérer lors de la sélection d'une membrane pour une
application de filtration, car elle détermine à la fois la sélectivité de
l'opération (des pores plus petits retiendront des particules plus petites), le
débit de filtration (des pores plus larges permettent un débit de filtration
plus élevé) et la sensibilité aux colmatages (des pores plus petits peuvent se
colmater plus facilement, ce qui réduit le débit de filtration au fil du
temps).
En fonction de la
taille des pores (par ordre décroissant), on peut distinguer :
Elle est utilisée pour retenir des bactéries, des
macromolécules, des colloïdes ou des particules solides en suspension.
Elle est utilisée pour retenir les virus, les macroprotéines, les antibiotiques….
Elle est utilisée pour retenir la majorité des
molécules, les colorants, certains ions….. Elle permet
l'élimination des phytopharmaceutiques, des nitrates des eaux souterraines, les
métaux lourds des eaux usées.
Remarques :
- En général, on utilise une succession de filtres de
plus en plus fins avant d'arriver à celui qui va arrêter les substances les
plus fines qu'on souhaite éliminer.
Par exemple pour une
nanofiltration, il est courant de mettre en amont de la membrane de
nanofiltration, un lit de sable, du charbon actif puis des membranes de
microfiltration et d'ultrafiltration ; cela permet d'éviter le colmatage le la
membrane la plus fine par de grosses particules.
- La taille des pores n'est pas le seul facteur qui
intervient dans la sélectivité des membranes ; y contribuent également :
v La distribution des
pores et la structure poreuse globale de la membrane
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Pores d'une membrane de microfiltration. |
v La charge électrique :
Certains types de membranes peuvent être chargées électriquement, ce qui peut influencer
la sélectivité en permettant l'adsorption de particules de charges opposées.
v La composition chimique
de la membrane qui peut interagir sélectivement avec certaines substances à
filtrer.
v D'autres propriétés
spécifiques telles que leur hydrophilie/hydrophobicité, leur polarité, la forme
des molécules.…
4) Elimination par
osmose inverse :
L'osmose inverse qui
s'adresse surtout à des milieux aqueux, est le premier procédé membranaire
utilisé à l'échelle industrielle dans les années 1960 ; il utilise des
membranes denses (non poreuses). La séparation des espèces ne se fait pas donc
pas par leur taille mais en fonction de leur affinité vis-à-vis du matériau
membranaire.
Le transfert de matière
se fait par le modèle dissolution-diffusion. L'eau se déplace en diffusant dans
la structure même du polymère qui dans tous les cas est hydrophile et
"gonflé" par l'eau.
Dans le cas d'une
substance semi-perméable parfaite, seule l'eau rejoint le compartiment perméat.
Le phénomène d'osmose
Une membrane dite
semi-perméable est placée entre deux compartiments, l'un contenant de l'eau et
l'autre une solution saline ; au départ les surfaces libres des liquides dans
les deux compartiments sont au même niveau.
On aperçoit
progressivement qu'il se crée spontanément, un décalage entre les deux niveaux,
celui du compartiment contenant la solution saline s'élève et l'autre descend.
Après un certain temps on arrive à un équilibre. De l'eau a traversé la
membrane pour rejoindre la solution saline.
Il existe alors une
dénivellation qui traduit une différence de pression que l'on appelle la
pression osmotique. Afin d'avoir un ordre de grandeur de cette pression, on
peut donner celle de l'eau de mer : environ 25 à 30 bars.
L'osmose inverse
Si on exerce sur la solution
saline une pression égale à la pression osmotique, on revient à la situation initiale,
les solutions dans les deux compartiments sont au même niveau ; de l'eau a
traversé la membrane, venant du compartiment contenant la solution saline.
En exerçant une
pression plus importante un déséquilibre se produit, le niveau dans le
compartiment de la solution saline s'abaisse et celui de l'autre compartiment
s'élève. On a obligé de l'eau qui était dans la solution saline à traverser la
membrane. Les sels eux n'ont pas pu traverser ; la solution saline voit sa
concentration augmenter.
C'est l'osmose inverse.

La filtration par
osmose inverse est largement utilisée pour la purification de l'eau potable et
le dessalement de l'eau de mer.
5) Les membranes filtrantes :
Les membranes filtrantes sont fabriquées à partir de matériaux poreux
- soit d'origine organique :
Citons par exemple le
polypropylène (PP), le polyéthylène(PE), le polytétrafluoroéthylène (PTFE), le polyfluorure
de vinylidène ( PVDF), le polyacrylonitrile (PAN), le polystyrène (PS), le polysulfone (PSU), le polyéthersulfone
(PES), la cellulose régénérée, l'acétate de cellulose, les polymères d'éther de
cellulose, le chitosane, les alginates...
- soit d'origine inorganique :
Comme la zircone
(dioxyde de zirconium ZrO2), l'alumine (Al2O3),
le dioxyde de titane (TiO2) mais aussi des carbures (carbure de
silicium, carbure de titane ..), des nitrures (nitrures
de silicium, nitrure de bore …).
- soit des mélanges polymères/minéraux
La structure d'un
ensemble de filtration se compose de :
5-1) Propriétés des membranes :
On compare les
performances des membranes en fonction de leur :
- Sélectivité :
Elle se mesure par un
paramètre appelé facteur de séparation.
Il s'agit de leur
capacité à permettre le passage de certaines substances tout en empêchant le
passage d'autres substances.
Cela dépend des
propriétés physiques et chimiques de la membrane ainsi que des propriétés des
substances en question. Par exemple, une membrane sélective peut laisser passer
certains ions ou molécules tout en bloquant d'autres en fonction de leur
taille, de leur charge électrique, de leur solubilité ou d'autres
caractéristiques.
- Flux de perméation :
Il s'agit de la
quantité de liquide ou de gaz qui traverse la membrane par unité de temps et de
surface.
- Rétention :
C'est la capacité de la
membrane à retenir les matières indésirables.
- Pores :
La taille des
ouvertures dans la membrane détermine quelles substances peuvent passer à
travers.
La taille des pores que
l'on doit choisir pour une bonne filtration est environ deux fois plus petite
que la plus petite espèce à retenir
- Stabilité chimique et thermique :
Il s'agit de la
résistance de la membrane aux conditions chimiques et thermiques dans
lesquelles elle sera utilisée.
- Durabilité :
Elle correspond à la
résistance mécanique de la membrane, à l'usure et à la dégradation au fil du
temps.
- Coût :
En tenant compte du
coût initial d'achat ainsi que des coûts d'exploitation et de maintenance
associés à l'utilisation de la membrane.
5-2)
Les matières des membranes
organiques
Ces
membranes offrent une grande résistance chimique et thermique, ce qui les rend adaptées
à un large éventail d'applications industrielles et médicales.
- Polyéthylène – Polypropylène
– Polytétrafluoroéthylène - Poly(difluorure de vinylidène)
– Polyacrylonitrile – Polystyrène
– Polysulfones – Polyéthersulfones - Cellulose
régénérée –
Acétate de cellulose - Polymères d'éther de cellulose - Chitosane – Alginates
-
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Polypropylène (PP) |
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Il existe deux
variétés : Elles sont couramment désignées
par les sigles PEbd et PEhd. - Inertie chimique remarquable
(structure d’alcane) - Facilité de mise en forme - Excellent isolant électrique. Le polyéthylène est l'un des
polymères utilisés dans des procédés de filtration n'impliquant qu'une faible
différence de pression (moins d'un bar), notamment pour les membranes de
microfiltration. |
Ressemble au
polyéthylène haute densité. Comme le polyéthylène, il est l'un
des polymères utilisés dans des procédés de filtration n'impliquant qu'une
faible différence de pression (moins d'un bar), notamment pour les membranes de microfiltration. Ces membranes en polypropylène
peuvent être détruites par le chlore dont l'usage
est proscrit. Matériau assez
hydrophobe qui le rend sensible au colmatage. |
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C’est le polytétrafluoroéthylène (PTFE) ; Son nom commercial :
Téflon. - Peut supporter 200°C - Anti-adhésif. Il convient
pour des procédés de filtration dans lesquels un caractère hautement
hydrophobe est exigé, notamment pour filtrer les gaz. . |
Polymère
thermoplastique du difluorure de vinylidène (VDF), qui possède une structure
semi-cristalline. C'est le plus cristallin des thermoplastiques. - Excellentes propriétés physiques et
mécaniques (comme la plupart des polymères fluorés au rang desquels le PTFE) notamment une
grande rigidité, une grande résistance thermique. - Il possède aussi, une bonne résistance
aux agents chimiques les plus durs, les plus corrosifs (notamment les acides
vis-à-vis desquels il est inerte jusqu'à des températures de 140°C ; sa
résistance aux bases est moindre au delà d'un pH de
11). - Bonne résistance aux UV, il est
difficilement inflammable. Son
prix de fabrication est important et une grande consommation d'énergie est
nécessaire pour son extrusion (à cause de son point de fusion élevé, aux
alentours de 175°C) ; son prix de production limite donc ses applications aux
domaines de moyenne ou haute technologie et en particulier en biotechnologie pour
les membranes de transfert des protéines. |
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Polystyrène (PS) |
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L'
acrylonitrile CH2=CH-CN donne lieu à la
polymérisation :
Applications : Le polyacrylonitrile est un précurseur pour l'obtention de
fibres de carbone. Les
ultrafiltres dont les pores sont plus fins que les microfiltres
et qui travaillent à des pressions élevées sont élaborés à partir de dérivés
de polyacrylonitrile. Le PAN est
aussi utilisé pour fabriquer des membranes de microfiltration ou
d'ultrafiltration pour les hémodialyses (voir acétate
de cellulose) |
encore appelé styrène donne lieu à la polymérisation : - Il se prête bien à
l’expansion, on obtient le polystyrène expansé, aux qualités isolantes
(thermiques) remarquables. - le PS "cristal" est un
homopolymère amorphe, dur et cassant. Il est transparent et thermoplastique. - le PS "choc" qui est
constitué d'une phase polystyrène dans laquelle sont noyés des nodules de
polybutadiène qui sont capables d'absorber une partie de l'énergie d'un choc
éventuel. Il est parfois utilisé dans des
filtres à tamis ou des filtres à média granulaires. |
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Les polysulfones (PSU) sont des polymères thermoplastiques
appartenant à la famille des polyaryléthers. Exemple : L'Udel ®
Ils sont
connus pour leur dureté et leur stabilité à haute température. On en fait
des membranes poreuses semi-perméables utilisées dans les applications basées
sur le phénomène d'osmose. On les
utilise notamment pour fabriquer les membranes d'hémodialyse (voir Acétate de cellulose) |
Les polyéthersulfones (PES) sont des polymères
thermoplastiques appartenant à la famille des polyaryléthers.
- Ils sont très résistants à la chaleur
(on les utilise à des températures de -100°C à + 200°C) -
Ils sont très résistants aux chocs - Ils résistent aussi à l'oxydation
ainsi qu'à l'hydrolyse dans une large gamme de pH (2 à 13). Une synthèse possible
:
Ils sont utilisés
comme matériaux pour la fabrication des structures asymétriques de base pour
des membranes de nanofiltration ou d'osmose inverse, devant supporter de
fortes pressions (plusieurs dizaines de bars). |
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(voir annexe 1) On peut citer
la Viscose, le Modal, le Lyocell, le Cupro. Ces matériaux
sont utilisés, entre autres, pour fabriquer des membranes de
microfiltration ou d'ultrafiltration. |
Une
ou plusieurs molécules de CH3COOH peuvent estérifier des -OH du
motif de la cellulose.
Dans
les filtrations, l'acétate de cellulose sert à fabriquer des membranes de microfiltration ou
d'ultrafiltration
pour les
hémodialyses. "90% des personnes dialysées en
France le sont par la technique d'hémodialyse. Il s'agit d'un procédé
d'ultrafiltration entre le sang de la personne et une solution, le dialysat.
Cet échange permet de retirer du sang les déchets produits par l'alimentation,
de rééquilibrer la teneur du sang en minéraux tels que le sodium ou le bicarbonate , d'éliminer le surplus d'eau. Les membranes
utilisées sont généralement en acétate de cellulose." (Agrégation
interne 2023). |
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Le chitosane |
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La famille
des cellulosiques comporte un grand nombre de matières qui sont des dérivés
de substitution des fonctions alcools.
- Avec R = CH3
méthylcellulose, C2H5 éthylcellulose,
CH2-CH2OH hydroxyéthylcellulose, CH2COOH
carboxyméthylcellulose. On les utilise
pour fabriquer des membranes filtrantes pour microfiltration,
ultrafiltration, mais aussi pour des nanofiltrations et même pour des
filtrations par osmose inverse. Ces matériaux
présentent une forte hydrophilicité garantissant
une faible tendance au colmatage. |
Le chitosane trouve de nombreuses et importantes applications
dans les domaines de l'agriculture, la santé.... d'autant
qu'il est biodégradable grâce aux chitosanases et
aux chitinases présents dans de nombreuses
cellules. Les membranes
en chitosane sont utilisées en microfiltration,
ultrafiltration et nanofiltration. Le chitosane est très peu répandu dans la nature. Il est
obtenu par désacétylation de la chitine par hydrolyse en milieu basique
(solution de soude à 40% environ) à chaud et pendant plusieurs heures.
Malheureusement ce traitement conduit aussi à des ruptures des liaisons
glycosidiques diminuant les longueurs des chaînes. |
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Les alginates
sont des polysaccharides extraits des algues brunes. Ils peuvent être
utilisés pour fabriquer des membranes filtrantes adaptées à la
microfiltration, à l'ultrafiltration et éventuellement à la nanofiltration.
Les membranes d'alginate sont appréciées pour leur capacité à former des gels
en présence d'ions calcium, ce qui peut les rendre utiles dans certaines
applications de filtration où la formation de gel est souhaitée. Les alginates
sont largement utilisés dans le domaine alimentaire, pharmaceutique et
médical en raison de leur biocompatibilité et de leur non-toxicité. |
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Remarque : Avantages et inconvénients de quelques membranes organiques
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Avantages |
Inconvénients |
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Acétate de cellulose |
Perméabilité élevée - Sélectivité élevée - Mise en œuvre
assez aisée - Adsorption des protéines faible => colmatage moindre. |
Sensible à la température - Sensible au pH - Sensible au
chlore - Sensible au compactage - Sensible aux microorganismes. |
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Type polyamide |
Bonne stabilité
chimique, thermique et mécanique. |
Grande sensibilité aux
oxydants - Faible perméabilité - Phénomènes d’adsorption. |
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Membranes composites |
Bonnes
caractéristiques : perméabilité et sélectivité - Stabilité de pH 2 à 11 -
Bonne tenue en température. |
Mauvaise tenue au
chlore. |
5-3)
Les matières des membranes
inorganiques
Ces membranes sont
souvent appelées disques.
Ce sont des membranes
céramiques fabriquées à partir de matériaux tels que la zircone (dioxyde de
zirconium ZrO2), l'alumine (Al2O3), le dioxyde
de titane (TiO2) mais aussi des carbures (carbure de silicium,
carbure de titane ..), des nitrures (nitrures de
silicium, nitrure de bore …).
Ces membranes sont
connues pour leur robustesse et leur durabilité, les rendant adaptées à des
conditions extrêmes et à des applications telles que la filtration des eaux
usées industrielles.
Ce sont essentiellement
des filtres de microfiltration ou d'ultrafiltration.
Ils sont formés :
- d'un noyau poreux (structure de support) obtenu par
extrusion d'oxyde d'aluminium par exemple.
- d'une membrane qui est un revêtement appliqué sur la
face filtrante ; il est constitué de particules d'oxyde d'aluminium dans
l'exemple que nous avons choisi.
Après application sur
le noyau le matériau de revêtement est fritté (voir annexe 2)
à une température élevée, dans un four, rendant la couche membrane solidaire de
la structure de support du noyau.
Exemple :
La zircone ZrO2
- Elle existe naturellement
sous forme d'un minéral, la baddeleyite ; elle est alors accompagnée de moins
de 0,1% d'oxyde de hafnium.
- On peut la fabriquer à
partir de silicate de zirconium (le zircon ZrSiO4), par traitement
thermique à haute température ; on trouve alors environ 2% d'oxyde de hafnium.
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ZrC est ensuite
grillé à l'air vers 700°c
pour donner
ZrO2.
La zircone est un matériau
très dur à point de fusion élevé qui résiste à l'abrasion et à la corrosion et
qui est utilisé dans diverses industries :
- Production de céramiques techniques (filtres ….) et des céramiques à usage dentaire.
- Plaquettes de freins.
- Pots catalytiques.
Les zircones sont mises
en forme par des procédés classiques de pressage puis frittées entre 1400°C et
1700°C.
5-4) Les membranes en mélanges
polymères/minéraux
Les membranes
composites sont formées de plusieurs couches de matériaux différents, elles
combinent les avantages de différents types de membranes pour offrir des
performances optimisées dans des applications spécifiques.
On peut donner comme
exemple :
- Le polyéthylène téréphtalate (PET) avec des charges
minérales
- Des polymères mélangés avec des nanoparticules d'argile
….
- Polyéthersulfone (PES)/Oxyde
d'aluminium
- Fluorure de polyvinylidène
(PVDF)/dioxyde de titane (TiO2)
- Polysulfone (PSU)/
nanoparticules de zéolite
- Polyamide/nanoparticules d'oxyde de graphène (GO)
- Polyacrylonitrile
(PAN)/nanoparticules de silice (SiO2)
5-5) Les membranes plasmiques, un cas
particulier
Une cellule humaine est
délimitée par une membrane plasmique qui sépare le cytoplasme du milieu
extérieur.
Certaines molécules ne
peuvent traverser les membranes gastro-intestinale ou hémato-encéphalique car
elles sont ionisées ou peu lipophiles.
Une protéine de
transport membranaire va sélectivement reconnaître une de ces molécules comme
étant proche de son substrat endogène et l'aider à traverser la membrane.
On peut donc considérer
qu'une membrane plasmique joue le rôle de membrane de filtration dans certains
contextes ; elle contrôle le passage sélectif des substances à travers la
membrane, permettant à certaines molécules de passer tandis qu'elle en bloque
d'autres. Cette capacité de sélectivité permet à la membrane plasmique de
fonctionner comme une sorte de filtre pour réguler les échanges de substances
entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule.
On trouvera une étude
détaillée du fonctionnement de ces membranes dans l'article "Les prodrogues".
La cellulose régénérée (Viscose,Modal,
Lyocell, Cupro)
- La
cellulose est le résultat de la polycondensation de glucose (C6H12O6),CH2OH-CHOH-CHOH-CHOH-CHOH-C(H)=O sous forme de
β-D-glucopyranose
On obtient des chaînes dîtes "linéaires".

Les différentes chaînes placées côte à côte sont liées par de
nombreuses liaisons hydrogène ce qui donne à ce matériau une très grande
rigidité et qui explique qu'elle est la substance de soutien (parois) des
cellules jeunes des végétaux :
Liaisons intramoléculaires :
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Selon Liang et Marchessault - 1959 |
Selon Blackwell et al. - 1977 |
Liaisons intermoléculaires :
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Klemm et
al - 1998 |
La cellulose pratiquement pure est tirée du fruit du cotonnier; il contient des graines recouvertes d’un duvet
formé de fibres de 2 à 7 cm de long; débarrassées des
impuretés, ces fibres constituent le coton hydrophile.
La cellulose s’obtient également à partir du bois; le bois
est essentiellement constitué de cellulose et de lignine;
un traitement à l’hydrogénosulfite de calcium détruit
la lignine; il reste la pâte de bois;
on en fait le papier, le carton, ....
Elle n'est pas attaquable par les sucs digestifs de l'homme. C'est une matière
première de tout premier ordre dans l'industrie chimique.
Elle est insoluble dans l'eau et la plupart des solvants organiques et n'est
solubilisée que par une solution ammoniacale d'hydroxyde de cuivre(II)
: la liqueur de Schweitzer. Son hydrolyse acide conduit au glucose.
- La viscose :
On l'obtient à partir de pâte de bois, le bois provenant
principalement de l'eucalyptus ou du hêtre.
Lorsqu'on traite la cellulose par de la soude concentrée, on
obtient un "alcali-cellulose" qui, réagissant avec du sulfure de
carbone CS2, conduit au xanthate de cellulose.

Le xanthate
de cellulose se dissout dans la soude en donnant un liquide sirupeux, la
viscose, qui se coagule au contact des acides en donnant une substance
transparente et brillante qui peut
donner des fils appelés rayonne, par extrusion.
Les tissus de rayonne ressemblent à ceux en soie.
C'est le chimiste Chardonnet qui mit au
point en 1890 à Besançon, le procédé de fabrication de la rayonne en reprenant
l'idée du chimiste Suisse Audemars.
- Le
lyocell :
Contrairement à la viscose, il n'est pas nécessaire de passer par
le stade xanthate de cellulose pour obtenir une solution.
On dissout
la cellulose obtenue à partir de pulpe de bois (feuillus,
eucalyptus, bambou ….) dans un solvant non toxique, le
N-méthyle-morpholine-N-oxyde
(NMMO) :
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NMMO |
Interaction
entre la cellulose et le solvant NMMO |
La solution très visqueuse obtenue est ensuite filtrée et plongée
dans de l'eau chaude où la cellulose reprécipite ; elle est ensuite extrudée
par des filières ; on obtient des fibres, le Lyocell.
- Le modal
:
On l'obtient à partir de pâte de bois, provenant essentiellement
du hêtre.
La cellulose est dissoute dans un solvant mélange de soude et de
sulfure de sodium.
On file cette solution à travers des filières et l'on obtient des
fils.
On plonge ensuite ces fils dans un bain de coagulation pour les
solidifier.
- Le cupro
:
La cellulose est extraite du linter de coton, c'est-à-dire du
duvet qui recouvre les graines de cotonniers cultivés ; ce duvet contient 70 à
80% de cellulose.
La fibre est obtenue par dissolution de la cellulose dans une
solution ammoniacale d'hydroxyde de cuivre (II).
Remarque :
Tous les procédés de dissolution de la cellulose ont pour but de
briser les fortes liaisons hydrogènes maintenant la structure des fibres.
Le frittage
Le frittage est un processus de fabrication utilisé dans l'industrie
pour créer des pièces solides à partir de poudre métallique ou céramique. Voici
les étapes principales :
1. Préparation de la poudre :
La poudre métallique ou céramique est sélectionnée en fonction des
propriétés désirées de la pièce finale. Elle est souvent traitée pour obtenir
une granulométrie spécifique et des propriétés de surface appropriées.
2. Formation de la pièce :
La poudre est placée dans un moule ou compactée pour former une
préforme avec la forme approximative de la pièce finale.
3. Frittage :
La préforme est chauffée à une température juste en dessous de son
point de fusion dans un four spécialisé. Pendant ce processus, les particules
de poudre fusionnent entre elles pour former une pièce solide. Ce processus
permet également d'éliminer les porosités et de consolider la structure de la
pièce.
4. Refroidissement et finition :
Une fois le frittage terminé, la pièce est refroidie lentement
pour éviter les contraintes excessives. Ensuite, elle peut être usinée ou subir d'autres traitements pour obtenir les dimensions et
les propriétés finales requises.
Le frittage est largement utilisé dans des industries telles que l'automobile,
l'aérospatiale, la métallurgie des poudres et la fabrication d'équipements
médicaux, en raison de sa capacité à produire des pièces complexes avec une
grande précision et des propriétés matérielles spécifiques.