"viandes" VEGETALES – VIANDES CULTIVEES.

Gérard Gomez


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Plan de l’étude

1) Généralités et but de l’article

2) Les acides aminés

                2-1) Définitions

                2-2) Sources principales d’acides aminés essentiels

3) Les « viandes » végétales

4) La viande cultivée

5) Trois viandes, trois visions de l’alimentation


1) Généralités et but de l’article

Le corps humain a besoin, pour se développer puis se maintenir en bonne forme physique et mentale, d’une alimentation équilibrée ; parmi les macronutriments (voir annexe 1) qui contribuent à cet équilibre, il y a les protéines.

Ces protéines sont des assemblages d’acides aminés dits protéinogènes. Parmi ceux-ci, certains sont dits essentiels, ce sont ceux dont l’organisme a besoin et qu’il ne peut pas synthétiser ; l’alimentation doit donc les lui apporter.

Les protéines peuvent être d’origine animale ou d’origine végétale.

Jusqu’à présent, le mode d’alimentation traditionnel était basé sur une diversification des apports qui nécessitait de consommer les deux types de protéines et qui couvrait l’ensemble des besoins du corps humain en acides aminés essentiels.

La tendance actuelle est de privilégier les protéines d’origine végétale et d’éliminer de l’alimentation celles d’origine animale.

Pour cela il y a exclusion des viandes animales ainsi que des produits provenant des animaux (lait, œufs….) et consommation très diversifiée et en quantité suffisante de céréales et d’autres végétaux.

Afin de satisfaire les personnes qui souhaitent adopter ce mode d’alimentation mais qui apprécient beaucoup la viande animale, les industriels de l’agroalimentaire ont conçu et réalisé des préparations végétales avec additifs permettant de donner à ces mélanges, l’aspect, le goût, la texture des viandes animales ; on donne à ces préparations le nom de « viandes » végétales.

Mais sur le plan biologique et nutritionnel, les substituts végétaux ne sont pas strictement équivalents à la viande ; Une alternative émergente vient également s’ajouter à ce paysage : la viande cultivée, aussi appelée viande in vitro ou viande cellulaire. Contrairement aux substituts végétaux, cette innovation repose sur la culture de cellules musculaires animales en laboratoire, sans abattage. Les cellules souches sont prélevées sur un animal vivant, puis cultivées dans un milieu riche en nutriments. Ce procédé permet la formation de fibres musculaires semblables à celles de la viande traditionnelle. D’un point de vue nutritionnel, la viande cultivée est équivalente à la viande conventionnelle, contenant tous les acides aminés essentiels, du fer héminique, de la vitamine B12, et présentant une bonne biodisponibilité.

Le but de cet article est d’essayer de donner quelques indications sur l’apport en acides aminés essentiels de protéines animales et végétales, ainsi que de donner la composition d’une « viande » végétale.

Une conclusion permettra de comparer les deux substituts à la viande traditionnelle.

 

2) Les acides aminés

            2-1) Définitions :

Il s’agit comme le nom l’indique d’une molécule possédant à la fois une fonction acide carboxylique et une fonction amine. Cette molécule peut aussi porter d’autres groupes fonctionnels.

Exemples :

BETAALANINE.gif

THEANINE.gif

Acide 3-aminopropanoïque

ou β-alanine

Théanine

 

            - Acides α-aminés : Si les deux groupes fonctionnels acide et amine sont fixés sur le même carbone, on leur donne le nom d’acides α-aminés.

                        - Acides aminés protéinogènes (ou protéogènes) : ce sont parmi les acides α-aminés, ceux qui entrent dans la composition des protéines ; ils sont au nombre de 20,

 

ALANINE

ARGININE.gif

ASPARAGINE.gif

ASPARTIQUE.gif

CYSTEINE

GLUTAMIQUE.gif

Alanine

L-Arginine

L-Asparagine

L-Acide aspartique

L-Cystéine

L-Acide glutamique

GLUTAMINE.gif

 

GLYCINE.gif

HISTIDINE.gif

ISOLEUCINE

LEUCINE.gif

LYSINE.gif

L-Glutamine

Glycine

L-Histidine

L-Isoleucine

L-Leucine

L-Lysine

METHIONINE

PHENYLALANINE

PROLINE

SERINE.gif

THREONINE.gif

TRYPTOPHANE

L- Méthionine

L-Phénylalanine

L-Proline

L-Sérine

L-Thréonine

L-Tryptophane

TYROSINE

 

VALINE.gif

 

L- Tyrosine

L-Valine

 

 

                        - Acides aminés essentiels : Les 8 acides aminés dont le nom est en rouge dans le tableau précédent, sont des acides aminés essentiels ; ce sont l’isoleucine, la leucine, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, le tryptophane et la valine. Ne pouvant être synthétisés par l’organisme, ils doivent être apportés par l’alimentation.

Remarque : Une mention spéciale pour l’histidine que l’organisme sait synthétiser mais en quantité insuffisante et dont le complément doit être apporté par l’alimentation.

 

            2-2) Sources principales d’acides aminés essentiels :

Le tableau ci-dessous (https ://www.laboratoire-lescuyer.com/blog/nos-conseils-sante/conseils-vitamines-et-mineraux/les-acides-amines-essentiels)donne une indication qualitative sur l’apport en acides aminés essentiels des macronutriments.

 

 

Leucine

Isoleucine

Valine

Phénylalanine

Thréonine

Méthionine

Lysine

Tryptophane

Œufs

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Volaille

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Viande rouge

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Poisson

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Fromage

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Soja

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Céréales

(blé, riz,maïs)

 

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Légumineuses

(haricots, lentilles)

 

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Fruits à coque

(amandes, noix)

 

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Les cases grisées sont celles où l’acide aminé manque dans le nutriment correspondant.

On remarque que les œufs contiennent l’ensemble des acides aminés essentiels.

Autre remarque : on peut dire que les protéines animales contiennent qualitativement plus d’acides aminés essentiels que les protéines végétales.

On voit aussi que la thréonine est absente dans l’ensemble soja, céréales, légumineuses, fruits à coque.

On lit sur un site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (https ://www.anses.fr/fr/content/les-protéines) :

« Les protéines animales sont relativement riches en acides aminés indispensables et généralement plus riches que les protéines végétales. En ce qui concerne la digestibilité, elle est en général plus élevée pour les protéines animales que pour les protéines végétales…. »

…….

«  Les aliments végétaux les plus riches en protéines sont les graines oléagineuses (cacahuètes, amandes, pistaches, etc.), les légumineuses et leurs dérivés (tofu, pois chiche, haricots…) ou encore les céréales.

Certaines protéines végétales peuvent présenter une teneur limitante en certains acides aminés indispensables, la lysine pour les céréales, et les acides aminés soufrés pour les légumineuses. »

……..

« Dans nos sociétés, les régimes végétariens non stricts (n’excluant pas les produits laitiers et les œufs) permettent d’assurer un apport protéique en quantité et en qualité satisfaisantes pour l’enfant et l’adulte. Chez les végétaliens adultes, une attention particulière doit être apportée à la couverture de l’apport protéino-énergétique. »

 

3) Les « viandes » végétales

Ce sont des mélanges de différentes substances végétales, ayant pour but de remplacer les viandes animales tout en apportant à l’organisme les acides aminés essentiels.

Pour cela, les industriels utilisent des protéines extraites de plantes, généralement du pois, du soja, du blé ou du riz, auxquelles ils ajoutent des lipides, des arômes, des colorants, des texturants et parfois des vitamines et minéraux. Les protéines végétales subissent un traitement spécifique, l’extrusion, qui permet de les transformer en fibres allongées, à la manière des fibres musculaires animales. Elles sont ensuite assemblées avec les autres ingrédients pour former des steaks, des boulettes, des saucisses ou des nuggets à base de plantes.

Voici la liste des ingrédients présents dans un « steak » végétal de la société Impossible foods (https://faq.impossiblefoods.com/hc/fr-ca/articles/360018937494-Quels-sont-les-ingrédients-de-l-Impossible-Burger-).

Remarque : le nombre et le type d’ingrédients varient selon la marque du produit.

 

Eau, concentré de protéines de soja, huile de coco, huile de tournesol, protéines de pommes de terre, méthylcellulose, glutamates, extrait de levure, âromes naturels, sucres, (dextrose de culture), amidon végétal modifié, leghémoglobine de soja, sel, tocophérols mixtes, isolat de protéine de soja, chlorhydrate de thiamine, L-tryptophane, gluconate de zinc, niacine, phosphate ferrique, chlorhydrate de pyridoxine, panthoténate de calcium, riboflavine et vitamine B12.

Le fabriquant indique « qu’une portion de 113g de burger contient 19g de protéines ; à titre de référence, une portion comparable de bœuf haché 80/20 (soit 80% de viande maigre et 20% de gras) contient également 19g de protéines ».

 

On peut donner des précisions sur certains des ingrédients mentionnés :

 

            - Huile de coco et de tournesol

Le fabricant indique pour sa préparation que ces huiles ont été ajoutées pour faire grésiller la viande sur la plaque de cuisson.

 

            - La méthylcellulose sert de liant aux ingrédients

METCELL.gif

Avec R = H ou –CH3

C’est un éther méthylcellulosique résultant de la méthylation partielle (entre 27 et 32%) des fonctions hydroxyle de la cellulose par le chlorure de méthyle. Le degré de méthylation affecte les propriétés physiques du composé comme par exemple la solubilité. Sa masse molaire moyenne est de 10 000 à 220 000 daltons.

A température ordinaire c’est une poudre blanche ou un matériau fibreux de densité comprise entre 1,26 et 1,30.

C’est un composé non toxique, non irritant, sans effet allergène.

Dans l’eau c’est une solution colloïdale translucide visqueuse, insoluble dans l’éther, l’éthanol et le chloroforme, mais soluble dans l’acide acétique glacial.

La méthylcellulose est largement utilisée dans les industries cosmétique et alimentaire (Additif E 461 – Epaississant – Gélifiant -).

On l’utilise aussi dans la fabrication des gouaches.

 

            - L’acide glutamique ou ses sels (glutamates)

C’est un amino-acide fréquemment présent dans les protéines. C’est un additif alimentaire(E620) utilisé comme exhausteur de goût

            - Dextrose de culture

C’est un agent de conservation ; c’est le nom donné à divers mélanges qui contiennent en particulier, des acides (propanoïque, butanoïque, lactique) et de courts peptides.

APROPION.gif

Acide propanoïque ou propionique

 

BUTYRIQUE.gif

Acide butanoïque ou butyrique

 

ALACTIQUE.gif
acide 2-hydroxypropanoïque ou lactique.

 

            - Amidon végétal modifié

L’amidon est la principale réserve glucidique dans le monde végétal, tout comme la cellulose (voir annexe 2). L’hydrolyse de l’amidon en milieu acide dilué conduit au glucose ; intermédiairement il se forme des dextrines solubles dans l’eau, puis du maltose et enfin deux molécules de glucose par molécule de maltose.
L’amidon natif se présente sous forme de grains de taille variable insolubles dans l’eau froide. Dans l’eau chaude (70°C environ), l’amidon gonfle (empois) et l’on peut séparer ses deux constituants principaux : l’amylose (ou amidon linéaire) environ 20%, peu soluble dans l’eau froide, et l’amylopectine 80% (ou amidon ramifié). Ce sont deux polymères du glucose, l’amylose ayant une masse molaire de l’ordre de 500 000 g.mol-1et l’amylopectine de plusieurs millions de g.mol-1.
Dans l’amylopectine (ou iso-amylose) il y a un enchaînement 1-6 environ tous les 25 unités glucose.
L’amidon a de très nombreuses applications. Il est rarement utilisé natif ; le plus souvent il est transformé, dépolymérisé, par des techniques physiques, chimiques (le plus souvent en milieu aqueux) ou enzymatiques, il est alors désigné comme amidon végétal modifié.

Les principaux dérivés amylacés sont :
- dextrines, cyclodextrines, maltodextrines.
- des gluconates.
- l’érythorbate.
- le dibenzylidènesorbitol
- des polyols
- des sirops de glucose.

Les dérivés amylacés composant l’amidon végétal modifié, comme les dextrines sont des additifs alimentaires classifiés E 1400.

 

            - Tocophérols mixtes

Il s’agit d’un mélange de substances de structures voisines parmi lesquelles les tocophérols α, β, γ, d. Ils jouent le rôle d’antioxydants.

Ces différents tocophérols sont présents dans la vitamine E (liposoluble).

C’est la vitamine de la fécondité ; anticoagulant naturel, antioxydant, stabilisateur de couleurs.

La vitamine E est un agent réducteur protégeant les lipides insérés dans les membranes cellulaires en les empêchant de se détruire par oxydation ; elle stoppe le mécanisme de propagation de la chaîne d’oxydation en réduisant les intermédiaires radicalaires. La vitamine C régénère ensuite la vitamine E à la surface des membranes cellulaires.

 

Alpha-tocophérol (α-tocophérol)
ou
5,7,8-triméthyltocol

 ALPHATOCO.gif
C’est l’additif alimentaire E 307.

 

Bêta-tocophérol (β-tocophérol)
ou
5,8-diméthyltocol
BETATOCO.gif

C’est l’additif alimentaire E 306.

 

Gamma-tocophérol (γ-tocophérol)
ou
7,8-diméthyltocol

GAMMATOCO.gif
C’est l’additif alimentaire E 308.

 

Delta-tocophérol (d-tocophérol)
ou
d-méthyltocol

DELTATOCO.gif
C’est l’additif alimentaire E 309.

 

            - Chlorhydrate de thiamine

Le fabricant indique que cet ingrédient contribue à l’arôme du produit.

C’est la vitamine B1 (hydrosoluble)

 

B1

 

            - L-Tryptophane

TRYPTOPHANE

Ainsi qu’il a été mentionné plus haut c’est un acide aminé essentiel.

 

                - Gluconate de zinc

C’est un dérivé de l’acide gluconique

AGLUCONIQUE

Cet additif apporte du zinc, oligo-élément nécessaire à l’organisme et qui est apporté habituellement par la viande rouge, les crustacés, les légumineuses, mais la biodisponibilité de cet élément est plus élevée dans les aliments d’origine animale.

 

            - Niacine

B3.gif

C’est la vitamine B3 ou vitamine PP ou acide nicotinique.

C’est une vitamine hydrosoluble.

Le nicotinamide (ou niacinamide) est l’amide correspondant à cet acide :

NICOTINAMIDE10.gif

On le considère également comme vitamine B3 ; ses propriétés en tant que vitamine étant équivalentes à celles de l’acide ; Dans l’organisme, d’ailleurs, l’acide nicotinique est transformé en l’amide correspondant.

Le nicotinamide est synthétisé dans l’organisme à partir du tryptophane ; il y a donc un apport endogène de cette vitamine, contrairement à la plupart des autres vitamines.

C’est un cofacteur d’oxydo-réduction (coenzyme) dans le métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, réactions qui permettent à l’organisme de s’approvisionner en énergie auprès de molécules « combustibles » comme le glucose et les acides gras ; c’est sous forme de NAD/NADH que le nicotinamide intervient.

 

            - Phosphate ferrique

FePO4

Il joue le rôle d’émulsifiant (ou émulsionnant) ; il permet de stabiliser les émulsions entre l’eau et l’huile.

 

            - Chlorhydrate de pyridoxine

C’est la vitamine B6.

B6

C’est un groupe prosthétique de diverses enzymes.

Il intervient dans le métabolisme de certaines protéines, d’acides gras, du cholestérol.

 

            - Pantothénate de calcium

C’est le sel de calcium de l’acide pantothénique

B5

L’acide pantothénique est la vitamine B5, hydrosoluble ; c’est l’amide de l’acide pantoïque et de la β-alanine. Cette vitamine est  un facteur de croissance de microorganismes ; elle est essentielle dans le métabolisme des sucres, des graisses et dans la résistance des muqueuses aux infections.

 

            - Riboflavine

C’est la vitamine B2 (hydrosoluble).

B2.gif

C’est une vitamine essentielle à la croissance et au développement des cellules. Sa concentration dans le sang doit être contrôlée car la majeure partie de cette vitamine est excrétée dans l’urine.

 

            - Vitamine B12

 

VITB123.gif

 

 

C’est une vitamine hydrosoluble.

C’est la plus complexe et la plus grosse des vitamines (1355 Da), biosynthétisée par des bactéries, des champignons ou des algues.

Le corps humain est incapable de la synthétiser ; il est donc nécessaire qu’elle soit fournie par l’alimentation.

La synthèse de la vitamine B12 a été menée à bien par R.B. Woodward et son équipe (Prix Nobel en 1965).

C’est le « principe anti-anémique » du foie.
Cette vitamine possède une action hématopoïétique (l’hematopoïèse est la formation des hématies dans la moëlle osseuse).
Cette molécule catalyse les méthylations et les réarrangements biochimiques.

Apports :

Foie, reins, viande, œuf, laitage, poissons (maquereau, thon, hareng).
Carence :
Anémies.

L’apport quotidien recommandé (AQR) en vitamine B12 est d’environ 1 µg.

C’est une cobalamine où l’ion cobalt(+ ou 2+ ou 3+, suivant les circontances) est au centre d’un noyau corrine.

Il est relié à 4 atomes d’azote d’un noyau tétrapyrrolique plan. Les liaisons 5 et 6 du cobalt sont perpendiculaires à ce plan.

Soit une structure rappelant un nucléotide à base de diméthylbenzimidazole (au dessous du plan), et un groupement R (au dessus du plan).

Suivant la nature du groupement R fixé sur le cobalt, on distingue :

- Si R = 5’-déoxyadénosine     l’adénosylcobalamine (*)

- si R = -CH3                           la méthylcobalamine

- Si R = -OH                           l’hydroxycobalamine

- Si R = -CN                           la cyanocobalamine

 

(*) groupe 5’-déoxyadénosine (voir aussi l’annexe 3)

DEOXYADENOSINE2.gif

 

 

En fonction du résidu R chacune d’elles a des propriétés physiologiques particulières.

Remarques :

- La  cyanocobalamine n’existe pas à l’état naturel, on l’obtient synthétiquement.

- La molécule de vitamine B12 sous la forme cyanocobalamine ou hydroxycobalamine est stable.

- Elle l’est beaucoup moins sous la forme méthylcobalamine ou adénosylcobalamine ; ces deux formes sont photosensibles et instables à l’air libre.

- l’adénosylcobalamine est le coenzyme B12, mais toutes les formes citées peuvent jouer le rôle de cofacteur dans le métabolisme de la plupart des cellules du corps humain.


            - La leghémoglobine (ce nom provient de la contraction des mots « légumineuse » et « hémoglobine ») permet de donner une couleur rouge à la préparation tout à fait comparable à la couleur du sang.

Certaines espèces végétales et notamment les légumineuses ont les nodosités de leurs racines plus ou moins rosées. Cette couleur est due à une hématoprotéine, la leghémoglobine, de couleur rouge sang qui fixe le dioxygène ; ce faisant elle empêche l’inhibition par le dioxygène d’une enzyme, la nitrogénase, qui catalyse la réduction de l’azote gazeux N2 en ammoniac ou en ion ammonium, ce qui permet à la plante de synthétiser des protéines.

La leghémoglobine se compose de deux parties, une globine provenant de la plante et un hème produit par des bactéries fixatrices d’azote appelées rhizobies (Rhizobium) dans le cadre d’une interaction symbiotique entre la plante et la bactérie.

Ce processus peut être résumé par le schéma suivant :

 

LEGHEMOGLOBINE.gif

Rappelons que l’hème est constitué sur la base d’un noyau porphine :

PORPHINE.gif

Si l’on ajoute des chaînes latérales sur ce noyau on obtient une porphyrine ; si l’on ajoute un atome de fer (II) à cette porphyrine on obtient un complexe rouge sang, l’hème

HEME.gif

Les chercheurs ont permis, par fermentation de levures (Pichia pastoris) génétiquement modifiées (introduction du gène LGB2), d’obtenir de la leghémoglobine en quantités industrielles.

Le fabricant indique :

« Nous utilisons de la leghémoglobine de soja, obtenue par fermentation de levures génétiquement modifiées, pour donner au Impossible Burger sa saveur de viande.

Pour fabriquer l’hème : Nous prenons l’ADN de la léghémoglobine de soja, l’insérons dans une levure et faisons fermenter cette dernière. En fabriquant notre hème à l’aide du génie génétique, nous évitons de cultiver et de déterrer les plants de soja pour récolter l’hème (dans les nodules racinaires), ce qui favoriserait l’érosion et libérerait le carbone stocké dans le sol. La méthode que nous avons adoptée nous permet de produire de l’hème de manière durable à grande échelle et de fabriquer un produit carné à partir de plantes pour des millions de personnes, qui est délicieux, nutritif et beaucoup plus durable que la viande animale. »

 

Remarque : la leghémoglobine donne à la préparation la couleur du sang, mais donne aussi la saveur « ferreuse » (due à la présence de l’atome de fer du complexe) que l’on rencontre dans la viande rouge animale.

 

4) La viande cultivée, une révolution scientifique.

La viande cultivée, aussi appelée viande cellulaire, est produite en laboratoire à partir de cellules animales. Le processus commence par le prélèvement de cellules souches sur un animal vivant, qui sont ensuite cultivées dans des bioréacteurs. Ces cellules sont nourries avec un milieu de culture riche en nutriments (acides aminés, vitamines, glucose, sels minéraux) et stimulées pour se différencier en tissus musculaires, adipeux et conjonctifs. Ce procédé, inspiré des techniques de la médecine régénérative, permet de produire une viande identique sur le plan moléculaire à la viande conventionnelle, sans abattage.

Les avantages potentiels sur la viande conventionnelle, incluent une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre, une moindre utilisation des ressources naturelles, et une diminution des risques sanitaires liés aux pathogènes et aux antibiotiques.

 

5) Trois viandes, trois visions de l’alimentation

La viande conventionnelle, bien que riche en nutriments, soulève des enjeux environnementaux et éthiques majeurs. La viande végétale, issue de protéines végétales transformées, offre une alternative durable mais peine parfois à reproduire la texture et la saveur authentique de la viande traditionnelle. Quant à la viande cultivée, produite à partir de cellules animales en laboratoire, elle promet de concilier éthique et plaisir gustatif, mais reste confrontée à des défis technologiques, économiques et réglementaires avant de pouvoir s’imposer à grande échelle.

Détaillons les avantages et les inconvénients qui peuvent apparaître dans différents domaines :

Ø  Santé

Viande conventionnelle : Apporte des protéines complètes, fer héminique et vitamine B12, mais sa consommation excessive est associée à des risques cardiovasculaires et certains cancers.

Viande végétale : Moins riche en certains micronutriments, mais souvent plus faible en graisses saturées et sans cholestérol. Elle peut contenir des additifs pour améliorer goût et texture.

Viande cultivée : Théoriquement identique sur le plan nutritionnel à la viande traditionnelle, mais on a peu de recul scientifique sur ses effets à long terme.

Ø  Environnement

Viande conventionnelle : Forte empreinte carbone, consommation d’eau élevée et déforestation liée à l’élevage intensif.

Viande végétale : Production généralement plus économe en ressources naturelles, surtout si les ingrédients sont peu transformés.

Viande cultivée : Moins polluante que l’élevage, surtout à maturité industrielle, mais la culture cellulaire nécessite aujourd’hui beaucoup d’énergie.

Ø  Éthique & culture

Viande conventionnelle : Soulève des questions sur le bien-être animal et les conditions d’abattage.

Viande végétale : Convient aux régimes végétariens et végétaliens, mais peut être perçue comme trop industrielle ou artificielle.

Viande cultivée : Solution potentiellement éthique, sans abattage, mais peut heurter certaines traditions alimentaires ou croyances.

 


Annexe 1

Aliments et nutriments

Les aliments sont à l’origine des constituants cellulaires.

On peut très schématiquement considérer que les aliments que nous consommons se divisent en trois catégories, l’eau, les macronutriments et les micronutriments.

                - L’eau : Le corps humain est constitué d’environ 65% d’eau ; la quantité d’eau nécessaire en moyenne à un adulte ne fournissant pas d’effort physique et en région tempérée est de 2,5 L, dont 1L apporté par les aliments et 1,5 L par la boisson.

                - Les macronutriments : ce sont les protéines, les glucides et les lipides ; ils ont un rôle énergétique et structural. Les protéines sont des composés riches en azote et constituent notre source majoritaire d’apport en cet élément indispensable à l’organisme.

                - Les micronutriments : ce sont les vitamines, les minéraux, les oligoéléments et les composés bioactifs ; ils ont plutôt un rôle fonctionnel.

Remarque : On appelle composés bioactifs des composés présents en petites quantités dans les aliments et qui peuvent être bénéfiques pour la santé, mais contrairement aux macro et microéléments essentiels, ils ne sont pas nécessaires et l’organisme peut très bien fonctionner sans eux. On peut citer par exemple, les polyphénols ou les flavonoïdes.


Annexe 2

Les molécules composant l’amidon natif

AMIDON.gif

groupe 5’-déoxyadénosine

Dans un nucléoside on numérote les atomes de la base par des chiffres : 1, 2, 3, etc ; pour les distinguer les atomes de carbone du sucre sont numérotés  1’, 2’, 3’ etc…

DEOXYADENOSINE10