NOTIONS SUR LES HORMONES ANIMALES

Gérard Gomez


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Plan de l'étude :

1) Définition

2) Nature chimique des hormones

                2-1) Hormones stéroïdiennes

                               2-1-1) Glucocorticoïdes 

                                               A) Les glucocorticoïdes naturels 

                                               B) Les glucocorticoïdes synthétiques

                               2-1-2) Hormones minéralocorticostéroïdes

                                               A) Les minéralocorticoïdes naturels

                                               B) Un minéralocorticoïde synthétique

                               2-1-3) Hormones sexuelles

                                               A) Hormones androgènes 

                                               B) Hormones oestrogènes

                                               C) Les progestatifs ou gestagènes

                                                               C1) Les progestatifs naturels

                                               C2) Les progestatifs synthétiques           

                                                                               C2-1) Les progestatifs synthétiques dérivés de la progestérone

                                                                               C2-2) Les progestatifs synthétiques dérivés de la 19-nortestostérone

                                                                                              C2-2-1) Estranes

                                                                                              C2-2-2) Gonanes

                                                                               C-2-3) Dérivés de la spironolactone

                                                                               C-2-4) Des dérivés plus récents

                                               D) Les hormones sexuelles surrénaliennes, qui servent de précurseurs aux autres stéroïdes sexuels

                2-2) Hormones protéiques

                2-3) Hormones peptidiques

                2-4) Hormones à petites molécules 

 

ANNEXE 1 : L’homéostasie

ANNEXE 2 : La steroïdogenèse

ANNEXE 3 : Interprétation de la représentation d’une hormone protéique


1) Définition

Les hormones sont des molécules biologiquement actives sécrétées par des glandes endocrines, qui agissent à distance sur des cellules cibles spécifiques. Ce sont des messagers chimiques : elles régulent des fonctions clés comme la croissance, la reproduction, le métabolisme ou encore l’homéostasie (voir annexe 1).

 

2) Nature chimique des hormones

Les hormones animales, connues et étudiées depuis longtemps, appartiennent à diverses familles chimiques, telles que :

·         Les stéroïdes (hormones sexuelles : testostérone, œstradiol, progestérone, œstrone… ; …..) ;

·         Les protéines (ex. : hormone de croissance ou somatotropine) ;

·         Les peptides (ex. : insuline, calcitonine) ;

·         ou encore des molécules plus simples comme l’adrénaline ou la mélatonine.

                       

2-1) Hormones stéroïdiennes

Les hormones stéroïdiennes sont des hormones lipophiles (solubles dans les graisses) qui ont un squelette tétracyclique dérivé de celui du cholestérol (qui lui n’est pas une hormone) :

 

 

 

 

 

 

Elles jouent un rôle fondamental dans la régulation de nombreuses fonctions physiologiques comme le métabolisme, la reproduction, la réponse au stress, et l'équilibre hydrosodé.

Elles traversent la membrane cellulaire.

Elles sont classées en 5 grandes familles

                                               2-1-1) Glucocorticoïdes (produits par le cortex surrénalien, zone fasciculée)

Les glucocorticoïdes (ou glucocorticostéroïdes) sont ainsi nommés car ils agissent sur le métabolisme glucidique ; ils ont en effet une action hyperglycémiante :

·         En inhibant la consommation de glucose au niveau de cellules variées,

·         En stimulant dans le foie la transformation des acides gras (provenant des tissus adipeux) et des acides aminés (provenant des protéines des muscles) en glucose, par activation des enzymes clés de la néoglucogenèse (la synthèse de glucose à partir de substances non glucidiques)

On distingue les glucocorticoïdes naturels et ceux qui sont synthétiques :

 

                                               A) Les glucocorticoïdes naturels :

 

Cortisol

 

C’est la plus abondante et biologiquement la plus active. L'organisme humain produit entre 20 et 30 mg de cortisol par 24 heures, sa concentration sanguine étant de 80 à 150 ng/mL.

 

Cortisone

CORTISONE3

La cortisone se forme dans l'organisme par oxydation du cortisol sous l'action de la 11-déshydrogénase (la fonction alcool en C11 se transforme en fonction cétone).

La cortisone peut se retransformer en cortisol sous l'effet de l'enzyme 11-β-hydroxystéroïde déshydrogénase ou 11βHSD1.

Il se forme entre 1 et 4 mg de cortisone par 24 heures.

 

11-désoxycortisol

 

 Il peut être oxygéné en cortisol et peut également être converti en androstènedione..

 

Corticostérone

 

Elle intervient dans la réponse de l’organisme à un stress.

A des effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs.

Elle a également une action minéralocorticostéroïde non négligeable, c’est pourquoi on dit d’elle qu’elle a une action mixte. 

 

 

                                    B) Les glucocorticoïdes synthétiques

 

Hydrocortisone

Glucocorticostéroïde ; c’est la forme synthétique du cortisol.

C’est un corticoïde à courte durée d’action (entre 8 et 12 heures).

 

Prednisone

 

Glucocorticostéroïde de synthèse.

La prednisone est un pro-médicament (prodrug).

Elle est activée dans le foie en prednisolone, qui est la forme active.

Anti-inflammatoire, anti-allergique, antiprurigineux. Commercialisé sous le nom Cortancyl®.

C’est un corticoïde à durée d’action intermédiaire (12-36h).

 

Prednisolone

PREDNISOLONE

 

Glucocorticostéroïde de structure proche de celle du cortisol, utilisé par voie orale, injectable, cutanée, rectale et nasale (Solupred ®, Hydrocortancyl ®).
C'est un anti-inflammatoire.

(A.I.S) utilisé lors d'allergies et d'infections bactériennes.

Durée d’action intermédiaire (12-36h).

 

Méthylprednisolone

Glucocorticostéroïde de synthèse.

Molécule utilisée comme anti-inflammatoire (A.I.S) (Arthrite, lupus).

Traite aussi les allergies sévères, les affections respiratoires(asthme) ….

Durée d’action intermédiaire (12-36h).

 

Triamcinolone

 

Le triamcinolone est un glucocorticoïde de synthèse. Il agit en réduisant l’inflammation et la réaction du système immunitaire. Il bloque la production de certaines substances responsables de l’inflammation, comme les prostaglandines et les cytokines.

 

Déflazacort

C’est un glucocorticoïde de synthèse.

C’est un promédicament, c’est-à-dire que le déflazacort est inactif sous sa forme initiale. Une fois absorbé par voie orale, il est rapidement métabolisé dans le foie en son métabolite actif, appelé 21-desacétyldéflazacort.
C’est cette forme active qui exerce les effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs dans l’organisme.

 

 

 

 

Dexaméthasone

 

La Dexaméthasone est un glucocorticoïde de synthèse.

Son effet est essentiellement anti-inflammatoire.

Elle est beaucoup plus puissante que la cortisone naturelle (environ 25 fois plus), avec une action prolongée.

 

Bétaméthasone

 

 La bétaméthasone est un glucocorticoïde synthétique utilisé principalement pour son effet anti-inflammatoire. A forte dose, il diminue la réponse immunitaire. Son effet métabolique et de rétention sodée est moindre que celui de l’hydrocortisone.

 

Clobétasole propionate

 

C’est un glucocorticostéroïde synthétique topique à activité anti-inflammatoire antiprurigineuse et à propriétés vaso-constrictrices.

 

Halcinonide

 

 

L’halcinonide est un médicament appartenant à la classe des glucocorticoïdes topiques (à application locale). Il est utilisé localement sur la peau pour réduire l’inflammation, les démangeaisons et d'autres symptômes associés à diverses maladies dermatologiques. Il a une puissance élevée parmi les corticoïdes topiques.

L’halcinonide agit en réduisant la réponse inflammatoire du corps.

Il bloque la production de substances comme les prostaglandines et les cytokines, qui provoquent rougeurs, gonflements et démangeaisons.

Il supprime aussi la réaction immunitaire locale, ce qui aide à calmer les maladies auto-immunes de la peau.

 

Désoximéthasone

 

La désoximéthasone est un glucocorticoïde topique, c’est-à-dire un médicament de la famille des corticoïdes utilisé en application locale sur la peau.

Elle a une action anti-inflammatoire puissante.

La désoximéthasone agit en réduisant l'inflammation, les démangeaisons (prurit), les rougeurs et les réactions allergiques cutanées.
Elle inhibe :

  • la libération de cytokines pro-inflammatoires,
  • la migration des leucocytes (globules blancs) vers la zone inflammée,

·         et la prolifération cellulaire, notamment des kératinocytes dans les maladies comme le psoriasis.

Paraméthasone

 

La paraméthasone est un glucocorticoïde, utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires, immunosuppressives et antiallergiques.
Elle est plus puissante que la cortisone naturelle et est utilisée par voie systémique (généralement orale ou injectable).

La paraméthasone agit en :

  • Inhibant la production de médiateurs de l’inflammation (comme les prostaglandines et les leucotriènes),
  • Réduisant la migration des cellules immunitaires vers les tissus enflammés,

Modulant l’expression de certains gènes impliqués dans la réponse immunitaire.

Aclométasone

 

L’aclométasone  est un glucocorticoïde topique de puissance modérée utilisé en dermatologie pour traiter les inflammations cutanées.

Elle agit en inhibant la libération de médiateurs de l’inflammation, comme les prostaglandines et les cytokines.

 

 

 

                                               2-1-2) Hormones minéralocorticostéroïdes

Les hormones minéralocorticostéroïdes (ou minéralocorticoïdes) sont une sous-classe des corticostéroïdes produites principalement par la zone glomérulée du cortex surrénalien. Leur rôle principal est de réguler l’équilibre hydrosodé et la pression artérielle, en agissant sur les reins.

 

                                    A) Les minéralocorticoïdes naturels

 

Aldostérone

C’est une hormone principale ; elle a une action fondamentale sur l’équilibre hydrique et la concentration des électrolytes dans le corps, notamment le sodium et le potassium, ce qui lui fait jouer un rôle essentiel dans la régulation de la pression artérielle.

Son activité minéralocorticoïde est très élevée.

 

Désoxycorticostérone (DOC)

Cette molécule est un précurseur de l’aldostérone, à activité minéralocorticoïde moyenne à forte.

Elle dérive du cholestérol, comme toutes les hormones stéroïdes.

Rarement utilisée comme médicament aujourd'hui.

Par le passé, la DOC a été utilisée comme substitut minéralocorticoïde, mais elle est remplacée par des molécules plus puissantes comme la fludrocortisone.

 

 

                                    B) Un minéralocorticoïde synthétique

 

Fludrocortisone

 

La fludrocortisone mime l’effet de l’aldostérone au niveau des reins,

Son activité minéralocorticoïde est très élevée.

Elle est utilisée pour traiter l’insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison).

 

                                               2-1-3) Hormones sexuelles

Les hormones sexuelles sont des hormones stéroïdiennes produites principalement par les gonades (ovaires et testicules) et, en moindre quantité, par les glandes surrénales. Elles jouent un rôle essentiel dans le développement sexuel, la maturation des caractères sexuels secondaires, la reproduction, ainsi que dans la régulation du cycle menstruel et de la fertilité. On distingue quatre grands groupes d’hormones sexuelles :

            - Les androgènes (comme la testostérone),

            - Les œstrogènes (comme l’estradiol),

            - Les progestatifs ou gestagènes (comme la progestérone),

            - Les hormones sexuelles surrénaliennes, telles que la déhydroépiandrostérone (DHEA), qui servent de précurseurs aux autres stéroïdes sexuels.

 

                                    A) Hormones androgènes :

 

Testostérone

Hormone sexuelle produite dans les testicules. Elle contribue à l'apparition et au maintien des caractères sexuels.

Bien qu’elle soit souvent associée aux hommes, elle est également présente chez les femmes, mais en plus faible quantité ; elle est dans ce cas produite par les ovaires et les glandes surrénales.

 

Androstanolone

L’androstanolone, plus connue sous le nom de dihydrotestostérone (DHT), est une hormone androgène puissante dérivée de la testostérone. Bien qu’elle soit produite en plus petite quantité, elle a un effet biologique beaucoup plus fort. Elle joue un rôle clé dans le développement sexuel masculin et d'autres fonctions liées à la pilosité et à la peau.

Elle est produite à partir de la testostérone, grâce à une enzyme appelée 5α-réductase.

 

                                    B) Hormones oestrogènes 

 

Oestradiol

Hormone oestrogène (sexuelle féminine) qui règle avec l'oestrone ou folliculine, le cycle menstruel (C’est la forme la plus puissante et biologiquement active de ces hormones chez l’être humain).
Elle est responsable du développement des caractères sexuels secondaires chez la femme.

Origine :

- Chez la femme : principalement produit par les ovaires, plus précisément par les cellules de la granulosa des follicules en développement.

- Chez l’homme : produit en petites quantités par les testicules et via la conversion de la testostérone en œstradiol par l’aromatase.

- Chez les deux sexes : une partie provient aussi des glandes surrénales et des tissus périphériques (graisse, foie).

 

Oestrone

ou

Folliculine

 

Hormone oestrogène (sexuelle féminine).

Elle est moins puissante que l’estradiol, mais joue un rôle important dans certains contextes physiologiques, notamment après la ménopause.

Origine :

- Chez la femme en âge de procréer : produite par les ovaires et, en plus petites quantités, par les glandes surrénales.

- Après la ménopause : devient la principale source d’œstrogènes, fabriquée surtout dans le tissu adipeux à partir de l’androstènedione via l’aromatase.

- Chez l’homme : présente en faibles quantités, produite aussi par la conversion périphérique des androgènes.

 

Estriol
ou
Oestriol
ou
16α -hydroxyoestradiol
ou
(1,3,5(10)-oestratriène-3,16a,17b-triol)

Hormone stéroïde oestrogène synthétisée par les ovaires. Présente en abondance dans l'urine des femmes enceintes. Elle est beaucoup moins puissante que l’œstradiol (E2) et l’œstrone (E1), mais elle joue un rôle essentiel pendant la grossesse.

 

                                    C) Les progestatifs ou gestagènes

Ces hormones sont produites principalement par le corps jaune de l’ovaire, le placenta, et dans une moindre mesure par les glandes surrénales et les testicules.

                                               C1) Les progestatifs naturels :

 

Progestérone

ou
Pregn-4-ène-3,20-dione

 

Hormone de grossesse produite par l'ovaire. Elle favorise l'implantation du zygote et le maintien de la grossesse.

La progestérone est synthétisée essentiellement par l'ovaire et, à un moindre degré, par le testicule, les glandes surrénales et le placenta au cours de la deuxième partie de la grossesse. De plus, une synthèse non endocrine de progestérone, au niveau des neurones notamment, est possible.

La synthèse se fait à partir du cholestérol : sous l'influence d'une desmolase, le cholestérol est transformé en prégnénolone qui, sous l'influence d'une déshydrogénase et d'une isomérase, donne la progestérone.

17α-hydroxyprogestérone

ou

17-OHP

 

C’est un dérivé de la progestérone, modifié par l’ajout d’un groupement hydroxyle en position 17 du noyau stéroïdien.

La 17 α-hydroxyprogestérone (17-OHP) est une hormone stéroïdienne intermédiaire essentielle dans la biosynthèse des glucocorticoïdes, des androgènes et des œstrogènes. Elle joue un rôle central dans la physiologie surrénalienne et gonadique. 5α-pregnan-3,20-dione

20α-Hydroxyprogestérone

ou

20α-OHP

Skeletal formula of 20α-dihydroprogesterone

 

Elle a une activité progestative faible comparée à la progestérone.

Elle joue un rôle dans la régulation du cycle et de la gestation chez certaines espèces, mais son importance est limitée chez l’humain.

C’est aussi un métabolite de dégradation de la progestérone, qui sert parfois de marqueur biologique (ex. : étude de l’activité du corps jaune).

5α-Dihydroprogestérone

ou

5α-pregnan-3,20-dione

ou

5α-DHP

 

 

Skeletal formula of 5α-dihydroprogesterone

C’est un métabolite réduit de la progestérone, obtenu par hydrogénation de la double liaison entre C4 et C5 (réduction 5α).

Elle conserve les deux fonctions cétone de la progestérone (en C3 et C20).

- C’est un précurseur d’autres neurostéroïdes :

La 5α-DHP peut être convertie en alloprégnanolone (3α-hydroxy-5α-pregnan-20-one) ou isoprégnanolone (3β-hydroxy...), qui sont de puissants modulateurs positifs ou négatifs des récepteurs GABAA ​.

 - Elle possède une activité progestative :

La 5α-DHP possède une affinité modérée pour le récepteur de la progestérone, mais moins que la progestérone elle-même.

Alloprégnanolone

ou

3α-hydroxy-5α-pregnan-20-one

ou

3α,5α-tétrahydroprogestérone 

ou 

3α,5α-THP

 

C’est un neurostéroïde endogène dérivé de la progestérone :

1- La progestérone est réduite par 5α-réductase → 5α-dihydroprogestérone (5α-DHP).

2- La 5α-DHP est ensuite réduite par 3α-hydroxystéroïde déshydrogénase (3α-HSD) → alloprégnanolone.

 

Elle agit principalement comme puissant modulateur des récepteurs GABAA ​. Elle joue un rôle central dans la régulation de l’humeur, de l’anxiété et du sommeil, et possède un intérêt thérapeutique avéré, notamment en psychiatrie.

Prégnénolone

ou

3β-hydroxy-5-pregnen-20-one

ou

PREG

 

 

C’est un stéroïde précurseur à partir duquel l’organisme synthétise toutes les hormones stéroïdiennes.

Produite à partir du cholestérol, elle sert de passerelle vers la progestérone, les androgènes, les œstrogènes et les corticostéroïdes. Elle est aussi un neurostéroïde actif dans le cerveau, avec des effets potentiels sur la cognition et l’humeur.

Prégnanediol

 

Le Prégnanediol est un métabolite urinaire de la progestérone, ce qui signifie qu’il est produit lorsque la progestérone est dégradée dans l’organisme, puis éliminé dans les urines.

Remarque : Le prégnanediol n’a pas de rôle hormonal direct important.
Sa présence reflète surtout la production de progestérone par les ovaires (ou le placenta pendant la grossesse).
C’est donc un marqueur biologique de la phase lutéale du cycle menstruel ou de la grossesse ; Il est le reflet chimique du travail de la progestérone. Ce n’est pas lui qui agit dans l’organisme, mais sa présence et son taux sont des indicateurs précieux pour comprendre le cycle féminin, la fertilité et le maintien de la grossesse.

 

                                              

                                               C2) Les progestatifs synthétiques :

                                                                       C2-1) Les progestatifs synthétiques dérivés de la progestérone (prégnane) :

Le noyau prégnane est un dérivé du noyau gonane, et il joue un rôle central en endocrinologie et en chimie des stéroïdes.

 

 

Acétate de médroxyprogestérone

ou

MPA ou AMP

L’acétate de médroxyprogestérone (AMP) est un progestatif de synthèse, c’est-à-dire une substance hormonale artificielle qui imite les effets d’une hormone naturelle : la progestérone.

La progestérone naturelle a une demi-vie très courte dans l’organisme : elle est rapidement dégradée par le foie, ce qui fait que ses effets s’estompent vite (en quelques heures).

L’acétate de médroxyprogestérone (AMP), lui, a été modifié chimiquement pour rester actif beaucoup plus longtemps :

  • L’ajout d’un groupement acétate et de modifications sur la structure stéroïdienne le rendent plus résistant aux enzymes hépatiques.
  • Sa liposolubilité élevée lui permet de se stocker dans les tissus adipeux, d’où il est relargué progressivement dans le sang.

Hydroxyprogestérone caproate

 

 

 

L’hydroxyprogestérone caproate est un progestatif de synthèse, dérivé de la 17α-hydroxyprogestérone.
Il est utilisé principalement en médecine pour prévenir certains accouchements prématurés et traiter quelques troubles gynécologiques.

Sa structure chimique modifiée lui permet d’agir sur plusieurs jours après une seule injection, en imitant les effets protecteurs de la progestérone sur la grossesse.

Acétate de mégestrol

L’acétate de mégestrol est un progestatif de synthèse dérivé de la 17α-hydroxyprogestérone.
C’est un médicament hormonal utilisé principalement en oncologie et en nutrition médicale.

Dydrogestérone

 

La dydrogestérone est un médicament appartenant à la famille des progestatifs de synthèse.
Elle est une version artificielle de la progestérone, hormone naturelle produite par les ovaires après l’ovulation,
sans provoquer d’effets masculinisants (androgènes).

Elle est largement utilisée pour réguler les cycles menstruels, soutenir la grossesse précoce et protéger l’endomètre lors des traitements hormonaux.

Acétate de chlormadinone

Le CMA a été découvert en 1959 et a été introduit pour un usage médical en 1965. Il peut être considéré comme un progestatif de "première génération".

C’est un progestatif de synthèse dérivé de la progestérone naturelle, mais modifiée pour être plus stable et active par voie orale.
Elle possède une activité progestative et un léger effet antiandrogène (elle diminue l’action des hormones masculines comme la testostérone).

Acétate de nomégestrol

L’acétate de nomégestrol est un progestatif synthétique utilisé pour réguler le cycle, traiter certaines pathologies de l’endomètre, et parfois pour la contraception. Il agit comme la progestérone naturelle, avec une bonne tolérance et peu d’effets secondaires androgènes.

Acétate de cyprotérone

 

L’éthanoate de cyprotérone est antagoniste du NR3C4 (récepteur androgène AR).

Est utilisé dans le traitement du cancer de la prostate avec métastase ou dans le traitement de l’hypersexualité.

A forte dose ce produit (« Androcur ») est toxique pour le foie.

 

 

                                                                       C2-2) Les progestatifs synthétiques dérivés de la 19-nortestostérone (estranes et gonanes) :

                                                                                               C2-2-1) Estranes

L'estrane est un noyau stéroïdien. Il correspond au stéroïde à 18 atomes de carbone. Il existe en deux isomères, le 5α-estrane et le 5β-estrane, en fonction de la position de l'atome d'hydrogène sur le carbone 5.

 

Noréthistérone

ou

Noréthindrone

La noréthistérone (ou noréthindrone) est un progestatif de synthèse, dérivé de la testostérone.
C’est l’un des premiers progestatifs utilisés en médecine.

La noréthistérone agit comme la progestérone naturelle :

- Elle bloque l’ovulation en inhibant la sécrétion de FSH et LH (hormones hypophysaires).

- Elle entraîne une modification de la glaire cervicale, qui devient plus visqueuse, empêchant le passage des spermatozoïdes.

- Elle transforme l’endomètre en une muqueuse non réceptive à l’implantation.

Ses indications principales sont :

La contraception – Les troubles menstruels – L’ endométriose – Le traitement hormonal de la ménopause.

Acétate de Noréthistérone

 

L’acétate de noréthistérone est la forme estérifiée de la noréthistérone, un progestatif de synthèse.
Il est plus puissant et plus stable que la molécule simple, ce qui prolonge son action dans l’organisme.

Son mécanisme d’action est le même que celui de la Norethistérone et ses indications principales sont les mêmes.

Lynestrénol

 

Le lynestrénol est un progestatif de synthèse, dérivé de la 19-nortestostérone.
Il fait partie des pilules progestatives seules (sans œstrogène) appelées aussi « mini-pilules ».

Il agit en bloquant l’ovulation et en modifiant la glaire cervicale et l’endomètre. Bien toléré, il reste une option utile pour les femmes qui ne peuvent pas prendre de contraception combinée.

 

Diacétate d’éthynodiol

 

C’est un dérivé de la 19-nortestostérone, utilisé principalement comme contraceptif oral en association avec un estrogène (souvent l’éthinylestradiol).

- Squelette stéroïdien de type estrane (C₁₈).

- Dérivé de la 19-nortestostérone (donc sans méthyle en C-19).

- Possède une fonction éthynyl (≡C–H) en C-17, caractéristique de nombreux progestatifs de synthèse.

- Deux groupes acétates (–OCOCH) qui améliorent sa stabilité et sa biodisponibilité.

Il est inactif par lui-même, mais transformé dans l’organisme en norethindrone (noretistérone), son métabolite actif.

Le diacétate d’éthynodiol a été l’un des premiers progestatifs semi-synthétiques utilisés dans les contraceptifs oraux, marquant une étape importante dans l’histoire de la contraception hormonale.

 

 

                                                                                               C2-2-2) Gonanes

Le gonane correspond à un système tétracyclique (quatre cycles fusionnés) composé de trois cycles cyclohexane (notés A, B et C) et d’un cycle cyclopentane (noté D).

Sa formule brute est C₁₇H₂₈.

C’est la structure mère des stéroïdes (cholestérol, hormones sexuelles, corticostéroïdes, etc.).

Levonorgestrel

Le lévonorgestrel est un progestatif puissant et polyvalent, dérivé de la 19-nortestostérone, utilisé en contraception orale, d’urgence et intra-utérine. Il agit directement sans activation métabolique et constitue aujourd’hui un des piliers de la contraception hormonale moderne.

Désogestrel

 

Le désogestrel est un progestatif de 3ᵉ génération, pro-médicament transformé en étonogestrel, efficace comme contraceptif oral seul ou combiné. Il est apprécié pour sa bonne tolérance et son absence d’activité androgénique notable, bien qu’associé à un risque thromboembolique légèrement accru.

Etonogestrel

 

L’étonogestrel est un progestatif de 3ᵉ génération, actif directement, dérivé du désogestrel. Utilisé surtout sous forme d’implant contraceptif, il assure une contraception efficace et prolongée, avec une bonne tolérance hormonale.

Gestodène

 

La gestodène est un progestatif de 3ᵉ génération, dérivé de la 19-nortestostérone, utilisé en association avec un estrogène dans la contraception orale. Elle se distingue par sa forte activité progestative, sa faible activité androgénique et sa bonne tolérance, bien que son utilisation soit accompagnée d’une vigilance particulière concernant le risque thromboembolique.

Norgestimate

 

 

 

Le norgestimate est un progestatif de 3ᵉ génération, pro-médicament transformé en norelgestromine et lévonorgestrel, utilisé en contraception orale (et patch). Il se distingue par sa bonne efficacité contraceptive et sa faible activité androgénique, contribuant à une meilleure tolérance cutanée et métabolique.

 

 

                                                                                              

                                                           C-2-3) Dérivés de la spironolactone (à action anti-minéralocorticoïdes)

Drospirénone

 

La drospirénone est un progestatif de 4ᵉ génération, dérivé de la spironolactone, qui combine activité progestative, anti-androgénique et antimminéralocorticoïde. Elle est utilisée en contraception orale combinée, avec une bonne tolérance générale mais une vigilance particulière concernant les risques cardiovasculaires et électrolytiques.

                                                           C-2-4) Des dérivés plus récents

 

Diènogest

Le diénogest est un progestatif moderne (4ᵉ génération), dérivé de la 19-nortestostérone, qui associe une bonne efficacité contraceptive à une activité anti-androgénique modérée. Il occupe une place particulière grâce à son usage en contraception et surtout dans le traitement de l’endométriose.

Trimégestone

Le trimégestone est un progestatif de 4ᵉ génération, dérivé du noyau pregnane, caractérisé par sa grande sélectivité et sa bonne tolérance métabolique. Il est utilisé surtout en traitement hormonal substitutif, plus rarement en contraception, et se rapproche de la progestérone naturelle par son profil pharmacologique.

 

                                    D) Les hormones sexuelles surrénaliennes, qui servent de précurseurs aux autres stéroïdes sexuels.

 

Androstènedione

 

 

L’androstènedione est une hormone stéroïdienne naturellement produite par le corps humain. C’est un précurseur. Elle joue un rôle clé dans la biosynthèse des hormones sexuelles, notamment la testostérone et les œstrogènes.

L’androstènedione est parfois mesurée pour diagnostiquer certains troubles hormonaux comme :

  • le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la femme,
  • les troubles de la puberté,
  • certaines tumeurs surrénaliennes ou gonadiques.

 

Androstènediol

ou

5-androstène-3β,17β-diol

 

Image illustrative de l’article 5-Androstènediol

C’est une hormone stéroïdienne, issue de la voie de biosynthèse des androgènes (hormones sexuelles mâles).

L’androstènediol est un intermédiaire dans la conversion du déhydroépiandrostérone (DHEA) en testostérone et œstrogènes.

 

DHEA

(Déhydro-épi-androstérone

ou 3-hydroxyandrost-5-en-17-one)

 

 

La DHEA, ou déhydroépiandrostérone, est une hormone stéroïdienne naturellement produite par les glandes surrénales (et aussi en plus petite quantité, par les gonades (ovaires et testicules)) et le cerveau. Elle est considérée comme une hormone précurseur, car elle est transformée dans l’organisme en œstrogènes et en androgènes (comme la testostérone). Son rôle est central dans l’équilibre hormonal, autant chez l’homme que chez la femme.

11-Kétostérone

 

 

Aussi puissante que la testostérone.

Elle joue un rôle reconnu dans les troubles androgéniques (ex : hyperplasie congénitale des surrénales). C’est un androgène-11-oxygéné qui a été redécouvert récemment et qui joue un rôle majeur dans certaines pathologies comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou certaines formes d’hyperandrogénisme.

                       

                        2-2) Hormones protéiques

Produites par de nombreuses glandes endocrines, elles interviennent dans des fonctions essentielles : régulation de la glycémie, croissance, reproduction, lactation, équilibre hydro-minéral, etc. Leur mode d’action est caractéristique : solubles dans l’eau, elles ne traversent pas la membrane cellulaire mais exercent leur effet en se fixant à des récepteurs spécifiques situés à la surface des cellules cibles, déclenchant ainsi des cascades de signalisation intracellulaire. L’étude des hormones protéiques permet non seulement de mieux comprendre la physiologie humaine, mais aussi d’expliquer certaines pathologies et de développer des applications thérapeutiques majeures.

 

GH ou Somatotropine

1) Définition :

L’hormone de croissance (GH), aussi appelée somatotropine, est une hormone protéique sécrétée par l’antéhypophyse (lobe antérieur de l’hypophyse).
Elle est indispensable à la croissance staturo-pondérale et joue aussi un rôle dans le métabolisme énergétique.

2) Structure chimique

  • Hormone protéique (191 acides aminés).
  • Hydrosoluble.
  • Agit via des récepteurs membranaires spécifiques (GH-R).

3) Régulation de la sécrétion

  • Stimulateur : GHRH (Growth Hormone Releasing Hormone) de l’hypothalamus.
  • Inhibiteur : somatostatine (GHIH).
  • Facteurs favorisants : sommeil profond, exercice physique, jeûne, stress.
  • Facteurs inhibiteurs : âge avancé, hyperglycémie, obésité.

4) Rôles physiologiques

  • Croissance : stimule la croissance osseuse et cartilagineuse, surtout via l’IGF-1 produit par le foie.
  • Métabolisme :
    • ↑ synthèse protéique → développement musculaire.
    • ↑ lipolyse → utilisation des graisses.
    • Effet hyperglycémiant (antagoniste de l’insuline).

5) Pathologies

  • Excès de GH :
    • Chez l’enfant → gigantisme.
    • Chez l’adulte → acromégalie (augmentation des extrémités : mains, pieds, mâchoire).
  • Déficit en GH :
    • Chez l’enfant → nanisme hypophysaire.
    • Chez l’adulte → fatigue, fonte musculaire, augmentation de la masse grasse.

6) Applications médicales

  • Traitement substitutif en cas de déficit → somatotropine recombinante.
  • Usages interdits : dopage sportif, anti-âge (risques métaboliques et cardiovasculaires).

 

Hormone de croissance : définition - docteurclic.com

 

Prolactine

1) Définition :

La prolactine est une hormone produite principalement par l’hypophyse antérieure (ou adénohypophyse). Son nom vient du rôle essentiel qu’elle joue dans la lactation.

2) Structure chimique

La prolactine est une hormone protéique (ou polypeptidique).

C’est une protéine simple constituée d’une chaîne unique de 199 acides aminés (chez l’humain).

Sa masse moléculaire est d’environ 23 kDa (kilodaltons).

Elle appartient à la famille des hormones apparentées à la somatotropine (hormone de croissance, GH) et au lactogène placentaire humain. Ces hormones partagent une certaine homologie de séquence et une structure repliée similaire.

Structure tertiaire :

C’est une protéine de type cytokine avec un repliement caractéristique en quatre hélices α disposées en faisceau.

Elle contient plusieurs ponts disulfure qui stabilisent la structure.

3) Rôle

La prolactine occupe une place centrale dans le fonctionnement hormonal, non seulement parce qu’elle permet l’allaitement, mais aussi parce qu’elle influence la reproduction, le métabolisme et même le système immunitaire. Son action illustre parfaitement l’équilibre délicat du système endocrinien, où chaque hormone dépend d’un réseau de régulations complexes. Un taux anormal de prolactine peut avoir des répercussions importantes sur la fertilité, la santé psychologique et le bien-être général, ce qui en fait un indicateur clinique précieux. Ainsi, la prolactine n’est pas simplement "l’hormone du lait" : elle est aussi un messager polyvalent, témoin de l’interconnexion entre le corps, les émotions et l’environnement.Bas du formulaire

 

 

L’hormone hPL

1) Définition

Le hPL (human Placental Lactogen), ou lactogène placentaire humain, est une hormone protéique produite par le placenta pendant la grossesse.


2) Structure chimique

  • C’est une protéine polypeptidique de la même famille que la prolactine et l’hormone de croissance.
  • Composée d’environ 191 acides aminés.
  • Masse moléculaire : environ 22 kDa.

3) Rôles physiologiques

  • Métabolisme maternel :
    • Augmente la lipolyse (utilisation des graisses par la mère).
    • Réduit la sensibilité à l’insuline, favorisant une augmentation du glucose sanguin disponible pour le fœtus.
  • Croissance fœtale : favorise un apport énergétique optimal au fœtus.
  • Rôle lactogène : agit sur les glandes mammaires, préparant la lactation en synergie avec la prolactine.

4) Régulation

  • Produit par le trophoblaste placentaire.
  • Sa sécrétion augmente progressivement tout au long de la grossesse, atteignant un pic au troisième trimestre.

5) Importance clinique

  • Son dosage peut être utilisé comme indicateur du bon fonctionnement du placenta.
  • Des taux anormalement bas peuvent être associés à un retard de croissance intra-utérin (RCIU) ou à une insuffisance placentaire.

Voir l’interprétation de cette représentation de l’hormone protéique à l’annexe 3

 

                        2-3) Hormones peptidiques :

Les hormones peptidiques sont des hormones constituées de chaînes d’acides aminés. Elles sont solubles dans l’eau, circulent librement dans le sang et exercent leur action en se fixant à des récepteurs situés à la surface des cellules cibles.

Elles ne traversent pas la membrane cellulaire et agissent via des récepteurs membranaires.

On distingue :

            - Les petits peptides (TRH, Ocytocine, Vasopressine)

            - Polypeptides (Insuline, glucagon, calcitonine).

 

TRH (Thyrotropin- Releasing-Hormone)

ou

Thyréolibérine

Hormone, secrétée par l'hypotalamus et provoquant la libération de la thyrotropine au niveau de l'hypophyse, cette thyrotropine stimulant la glande thyroïde qui élabore des hormones telles que la thyroxine contrôlant le métabolisme en général.
Lorsqu'on l'a isolée pour la première fois, 1mg de cette hormone a nécessité le traitement de 4 tonnes de tissu hypothalamique.

Ocytocine

 

Vasopressine

 

Ocytocine et vasopressine constituent deux hormones posthypophysaires.

Le complexe hormonal est constitué dans la posthypophyse de la neurophysine, protéine "inerte" et deux hormones à 9 acides aminés : l'ocytocine et la vasopressine.

Leur structure est très voisine, la différence ne portant que sur la nature des acides aminés en position 3 et 8 (respectivement l'isoleucine et la leucine pour l'ocytocine et la phénylalanine et l'arginine pour la vasopressine).

L'ocytocine favorise la contraction des muscles lisses de l'utérus, accélérant l'accouchement ; elle favorise aussi l'éjection du placenta et stimule l'éjection du lait maternel.

La vasopressine (ADH) est une hormone antidiurétique et vasopressive (vasoconstrictrice).

Glucagon

Résultat d’images pour représentation en couleur du glucagon

Séquence d'aminoacides du glucagon

 

Le glucagon est une hormone pancréatique, un polypeptide formé d'une chaîne de 29 aminoacides (M = 3485) produit dans les îlots de Langerhans du pancréas en réponse à une décroissance de la concentration en glucose du sang. Il induit l'hydrolyse du glycogène et des lipides et augmente le niveau en glucose du sang .

Insuline

 

L’insuline humaine est composée de 51 aminoacides qui sont répartis sur deux chaînes. La chaîne A en contient 21, la chaîne B 30. Il y a aussi 3 liaisons disulfidiques. Avec des ions du zinc l’insuline forme des complexes hexamères, mais c’est le monomère qui possède l’activité biologique, il a un temps de demi-vie de 5 minutes. Les premières préparations d’insuline utilisées dans la thérapie du diabète chez l’homme, furent isolées du pancréas des boeufs. L’insuline bovine se distingue de l’insuline humaine par trois aminoacides. On a utilisé plus tard l’insuline porcine qui ne se distingue de l’insuline humaine que par un seul aminoacide.

Calcitonine

La calcitonine est une hormone peptidique constituée de 32 acides aminés. Elle est produite par les cellules C (ou parafolliculaires) de la thyroïde. Son rôle principal est de réguler le métabolisme du calcium.

Elle contribue à l’équilibre du calcium et du phosphore dans l’organisme, en agissant principalement sur l’os et le rein. Bien que son rôle physiologique soit limité chez l’adulte, elle a un intérêt médical comme traitement et comme marqueur biologique.

 

 

                        2-4) Hormones à petites molécules :

 

Adrénaline

 

1) Définition

L’adrénaline (ou épinéphrine) est une hormone et neurotransmetteur dérivée de l’acide aminé tyrosine. Elle appartient à la famille des catécholamines (comme la noradrénaline et la dopamine). Elle est produite principalement par la médullosurrénale, la partie interne des glandes surrénales.

 

2) Rôles physiologiques

Réponse au stress ("fight or flight" = fuite ou combat) :

·         Augmentation du rythme cardiaque et de la force des contractions,

·         Elévation de la pression artérielle,

·         Dilatation des bronches pour améliorer l’oxygénation,

·         Libération de glucose par le foie pour fournir rapidement de l’énergie,

·         Dilatation des pupilles et amélioration de la vigilance.

  • Elle permet donc à l’organisme de réagir rapidement dans des situations de danger ou d’effort intense.

 

3) Régulation

  • Sa sécrétion est stimulée par le stress physique ou émotionnel, la douleur, l’hypoglycémie, ou encore l’effort.
  • L’adrénaline agit rapidement mais ses effets sont de courte durée.

 

4) Importance clinique

  • Utilisée en médecine d’urgence : injection d’adrénaline en cas de choc anaphylactique (allergie grave), arrêt cardiaque ou asthme sévère.
  • Sa mesure peut aider à comprendre certains troubles liés au stress ou aux tumeurs de la médullosurrénale (phéochromocytome).

Mélatonine

1) Définition :

La mélatonine est une hormone dérivée de l’acide aminé tryptophane. Elle est principalement produite par la glande pinéale (ou épiphyse), située dans le cerveau. On l’appelle souvent "l’hormone du sommeil".

 

2) Rôles physiologiques

  • Régulation du rythme circadien : elle est sécrétée surtout la nuit, favorisant l’endormissement et un bon cycle veille-sommeil.
  • Horloge biologique : elle synchronise les rythmes biologiques avec l’alternance jour/nuit.
  • Autres effets : propriétés antioxydantes, rôle dans l’immunité, influence sur la reproduction saisonnière chez certains animaux.

 

3) Régulation

  • Sa production est stimulée par l’obscurité et inhibée par la lumière.
  • La sécrétion atteint un pic entre 2 h et 4 h du matin puis diminue progressivement jusqu’au matin.

 

4) Importance clinique

  • La mélatonine est utilisée comme complément pour traiter certains troubles du sommeil (insomnie, décalage horaire).
  • Sa sécrétion naturelle diminue avec l’âge, ce qui peut expliquer des troubles du sommeil chez les personnes âgées.

 


Annexe 1

L’homéostasie

L’homéostasie est un concept fondamental en biologie et en physiologie. Il désigne la capacité d’un organisme vivant à maintenir un équilibre interne stable, malgré les variations de l’environnement externe.

Le terme vient du grec "homoios" (semblable) et "stasis" (stabilité).

L’homéostasie est donc la régulation active des paramètres physiologiques pour qu’ils restent dans des plages compatibles avec la vie.

 

 Exemples classiques d’homéostasie chez l’humain :

 

Paramètre régulé

Valeur normale

Organes impliqués

Température corporelle

≈ 37 °C

Hypothalamus, peau, muscles

Glycémie (glucose sanguin)

≈ 1 g/L

Pancréas (insuline, glucagon), foie

pH sanguin

≈ 7,4

Poumons, reins

Pression artérielle

≈ 120/80 mm Hg

Cœur, vaisseaux, reins

Osmolarité (équilibre eau/sel)

≈ 300 mOsm/L

Reins, hormone ADH

 

Mécanisme général de l’homéostasie

L’homéostasie repose sur un système de régulation en boucle, souvent de type rétrocontrôle négatif :

            1) Un récepteur détecte un écart (ex : thermorécepteurs pour la température).

            2) Le centre de régulation (souvent dans le cerveau, comme l’hypothalamus) interprète le signal.

            3) Les effecteurs (muscles, glandes, organes) corrigent la perturbation.

 

Exemple : Si la température du corps baisse, le corps déclenche des frissons (contractions musculaires) pour produire de la chaleur.

Remarque :

Des dérèglements de l’homéostasie peuvent provoquer des maladies :


Annexe 2

La steroïdogenèse

La stéroïdogenèse désigne l’ensemble des réactions biochimiques par lesquelles l’organisme fabrique des hormones stéroïdes à partir du cholestérol.
Ces hormones incluent :

  • Glucocorticoïdes (ex. cortisol)
  • Minéralocorticoïdes (ex. aldostérone)
  • Hormones sexuelles (progestérone, testostérone, estrogènes)

 

Annexe 3

Interprétation de la représentation d’une hormone protéique

Représentation 3D simplifiée de la structure de l’hormone hPL (Lactogène Placentaire humain).

 

1) Ce que montre le schéma :

  • Il s’agit d’une structure protéique représentée en hélices colorées.
  • Les couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu…) ne correspondent pas à la réalite chimique : elles servent simplement à distinguer les différentes parties de la protéine.
  • Les spirales représentent des hélices α, qui sont un type courant de repliement des protéines.
  • On peut voir que la protéine est formée de plusieurs hélices α parallèles, ce qui est typique de la famille des hormones de croissance/prolactine/hPL.

 

2. Qu’est ce que cela signifie sur le plan chimique ?

  • L’hormone hPLest une chaîne d’acides aminés (191 environ), mais dans le corps elle ne reste pas « linéaire » : elle se replie en une forme 3D stable.
  • Ce repliement est stabilisé par des liaisons hydrogène, interactions hydrophobes et ponts disulfure.
  • La forme 3D détermine la capacité de l’hormone à se fixer sur son récepteur et donc à exercer son action biologique.

 

3. Utilité de ces schémas ?

  • Ils permettent de visualiser la structure tertiaire des protéines.
  • Ils facilitent la compréhension de la famille à laquelle appartient une hormone : par exemple, le hPL a une structure très proche de la prolactine et de l’hormone de croissance, ce qui explique leurs rôles similaires.
  • Ces représentations servent aussi en biologie moléculaire et pharmacologie pour concevoir des médicaments qui interagissent avec la protéine.